L’un veut pendre les banquiers, l’autre les mettre en prison! Le vent tourne…

Le vent tourne, pas en France, trop tôt, le nuage de Tchernobyl à la sauce financière a encore de beaux jours devant lui, mais l’espoir fait vivre…

Roubini : ‘Quand pendra-t-on un banquier?’

« Personne n’est allé en prison depuis la crise financière. Lorsque les banques font quelque chose d’illégal, au mieux elles récoltent une amende. Peut-être que cela serait une bonne leçon pour les autres, si certains des banquiers devaient aller en prison. Ou si l’un d’entre eux était pendu dans la rue », a affirmé l’économiste Nouriel Roubini, au cours d’une interview récente donnée à Bloomberg. Il commentait le récent scandale qui a éclaté lorsqu’il est devenu connu que des banques manipulaient constamment le taux d’intérêt interbancaire Libor pour augmenter leurs profits ou minorer leurs pertes. Roubini est professeur d’économie à l’université de New York, et on le surnomme «Docteur Doom », parce qu’il était plus pessimiste que les autres économistes. En 2005, il a notamment prédit l’effondrement du marché immobilier américain qui s’est finalemlent concrétisé en 2008, avec la crise des subprimes en 2008.

« Les banques ont toujours intérêt à tricher et à faire des choses qui sont ou bien illégales, ou bien immorales », a commenté Roubini. « La seule chose à faire pour l’éviter serait de briser ces supermarchés financiers. Quand vous avez des activités de banque d’investissement, de gestion d’actifs, de courtage, d’assurance, de mandat, de dérivés, au sein de la même banque commerciale, il n’y a aucune Muraille de Chine et les conflits d’intérêt sont énormes ».

« Les banquiers sont cupides. Ils ont été cupides au cours des dernières centaines d’années. Ce n’est pas le problème de savoir s’ils ont plus de moralité aujourd’hui qu’il y a un millier d’années. Vous devez vous assurez qu’elles se comportent d’une manière qui minimise ces risques. Une manière de le faire est de séparer ces activités pour minimiser les conflits d’intérêt. Sinon ces choses vont encore se reproduire. »

Source, suite et vidéo: express.be

 

Un ministre britannique prêt à mettre des banquiers en prison

En plein scandale du Libor, le secrétaire d’Etat britannique au Trésor Mark Hoban a déclaré au quotidien économique allemand Handelsblatt qu’il était favorable à ce que les banquiers ayant manipulé des indices de marché aillent en prison.

La semaine dernière, Barclays a révélé qu'elle allait payer l'équivalent de 290 millions de livres (environ 360 millions d'euros) pour mettre fin aux enquêtes des régulateurs britannique et américain dans cette affaire de manipulation des taux interbancaires.
(c) Afp

La semaine dernière, Barclays a révélé qu’elle allait payer l’équivalent de 290 millions de livres (environ 360 millions d’euros) pour mettre fin aux enquêtes des régulateurs britannique et américain dans cette affaire de manipulation des taux interbancaires. (c) Afp

« Ceux qui faussent des indices de marché doivent aller en prison ». Interrogé lundi 9 juillet par le quotidien économique allemand Handesblatt, le secrétaire d’Etat britannique au Trésor Mark Hoban vient de lancer un pavé dans la mare. Depuis plus d’une semaine, le scandale du Libor fait trembler la planète finance au Royaume-Uni et en Europe. Et de plus en plus de personnalités demandent des peines de prison pour les banquiers qui ont manipulé ces taux.

Les taux interbancaires Libor (au Royaume-Uni) et Euribor (en zone euro) définissent le prix auquel les banques se prêtent de l’argent entre elles. Indirectement, ils servent également de base aux crédits pour les ménages et les entreprises.

Or, le Libor aurait notamment été manipulé (à la hausse comme à la baisse) par la banque d’investissements Barclays Capital entre 2005 et 2008. Trois de ses plus importants dirigeants ont ainsi été contraints de démissionner face au scandale. Le taux Euribor pourrait également être concerné. Plusieurs enquêtes sont ainsi menées en Europe pour savoir si la Barclays a bénéficié de la complicité d’autres banques ou si des établissements financiers ont également eu recours à des pratiques douteuses. La fraude est massive : 360.000 milliards de produits financiers sont fixés par ces deux taux interbancaires.

Avant de jeter les « banksters » en prison, les enquêteurs britanniques vont d’abord devoir obtenir le droit d’écouter les conversations téléphoniques des banquiers et celui d’examiner leurs correspondances électroniques afin d’engager des actions judiciaires. Toujours selon le Handesblatt, il serait même prévu de regarder la communication des banquiers sur Facebook et Twitter.

Source: challenges.fr

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