Le sauvetage espagnol « ne marchera pas » alerte Stiglitz

C’est pourtant simple, n’importe qui s’étant intéressé un minimum à l’économie en tirerait les même conclusions: c’est kapout! Une somme colossale devrait être délivrée pour aider seulement 30% des banques les plus en difficultés en Espagne, donc il reste 70% de ces banques qui ne recevront aucune aide, c’est la base! Maintenant, cet argent va-t-il aider la population? Ou encore le gouvernement? Non! Uniquement des banques pour maintenir l’illusion que pour sauver un système, il faut sauver les financiers. Ces aides ont été inutiles pour la Grèce qui est tombée au plus bas, elles le seront également pour l’Espagne qui va être entrainée par ses banques, la même histoire qui se répète. Maintenant, combinez le tout, la Grèce sort de la zone euro pendant que l’Espagne continue sa chute, les notes de la majorité des pays européens sont descendues par les agences de notation, l’Italie entre dans la dense funèbre, les bourses chutent systématiquement à chaque mauvaise nouvelle, au final, on sort de la crise avec ça? Nous franchissons aujourd’hui un nouveau pas vers le krach financier global…

Le Nobel d’économie estime que la crise de la dette est plongée dans un cercle vicieux. « Le système fait que le gouvernement espagnol renfloue les banques et que les banques renflouent le gouvernement », souligne-t-il.

ReutersLe plan de sauvetage des banques espagnoles risque de ne pas permettre à l’Espagne de sortir durablement de la crise de la dette car l’Etat et les banques vont s’installer dans un cercle vicieux sans fin où chacun finance les déficits de l’autre, estime Joseph Stiglitz.

« Le système fait que le gouvernement espagnol renfloue les banques et que les banques renflouent le gouvernement », souligne le lauréat du prix Nobel d’économie.

Les ministres des Finances de la zone euro ont convenu samedi de prêter jusqu’à 100 milliards d’euros à l’Espagne afin de lui permettre de renflouer ses banques en difficulté, Madrid s’engageant à préciser le montant de ses besoins dès que seront connus les résultats d’audits indépendants en cours sur son système bancaire.

Si l’Espagne devait solliciter la totalité de la somme, cela accroîtrait encore de 10% son ratio dette-PIB, qui devrait déjà atteindre 80% fin 2012 alors qu’il était de 68,5% fin 2011. Et cela rendrait d’autant plus problématique et coûteux pour le gouvernement espagnol d’émettre des obligations souveraines sur les marchés internationaux.

Les banques espagnoles, dont la Banque d’Espagne, ayant été les principaux acheteurs de la dette du pays en 2011, selon un rapport de la banque centrale espagnole, le risque est donc grand de voir le gouvernement se résigner à solliciter l’aide des établissements qu’il est en train d’essayer de sauver.

« C’est de l’économie vaudoue », a estimé Joseph Stiglitz dans l’interview accordée vendredi à Reuters, avant que les détails du plan ne soient connus. « Ca ne marchera pas et ça ne marche déjà pas. »

L’Union européenne aurait davantage intérêt à accélérer son projet d’union bancaire, poursuit l’ancien conseiller du président américain Bill Clinton.

« Il n’y a aucune chance, quand une économie entre ainsi en récession, qu’elle puisse mener une politique de relance de la croissance sans une forme de système européen », fait-il valoir.

 « L’Allemagne se trompe »

Joseph Stiglitz est un critique de longue date des mesures d’austérité et des politiques de rigueur imposées par le Fonds monétaire international (FMI) aux pays en voie de développement en contrepartie de plans de soutien.

L’Union européenne a jusqu’à présent fait fausse route dans son approche de la crise de la dette, insiste-t-il, l’austérité n’ayant mené qu’à un ralentissement de la croissance et donc à une aggravation de la dette.

« Ca ne sert à rien de mettre en place un pare-feu si on jette en même temps de l’huile sur le feu. Il faut s’attaquer aux racines du problème et pour ce faire, il faut promouvoir la croissance », argumente-t-il.

L’accélération de l’union bancaire est le seul moyen de sortir du cercle vicieux de la dette, de renforcer la monnaie unique et au final, de rendre service à l’Allemagne qui, en tant que pays le plus riche de la zone euro, aura à assumer le coût le plus lourd pour mutualiser la dette et soutenir les dépenses publiques.

« L’Allemagne ne cesse de répéter que le renforcement de la rigueur budgétaire est la solution, mais ce diagnostic est totalement erroné », juge Joseph Stiglitz.

Berlin pourrait proposer lors du prochain sommet de l’UE, fin juin, une feuille de route vers une union budgétaire, mais la chancelière Angela Merkel s’oppose à l’émission d’obligations communes tant que les autres pays n’auront pas réduit leur dette et leur déficit budgétaire grâce à des politiques d’austérité.

Or, la situation des pays les plus fragiles ne cesse de se détériorer et les élections législatives dimanche prochain en Grèce pourraient déboucher sur une sortie d’Athènes de la zone euro, au risque de faire exploser la monnaie unique. Le plan de sauvetage de l’Espagne n’aurait alors représenté qu’un bref et illusoire répit pour l’UE.

« L’Allemagne va devoir se poser la question: est-ce qu’elle veut payer le prix d’une implosion de l’euro, ou payer le prix d’un sauvetage de l’euro? », estime l’économiste américain. « Je croix que le prix à payer si l’euro s’effondre est bien plus élevé et j’espère qu’ils (les Allemands) vont en prendre conscience, mais ce n’est pas sûr. »

Source: lesechos.fr

11 commentaires

  • NEO

    Aïe aïe aïe, ça va mal. Mais n’oublions pas que la croissance sera bientôt là.

    Nous n’avons qu’à l’attendre…

  • NEO

    En gros, Merkel est la clé c’est ça ?
    N’est-ce pas le moment de provoquer un « accident » en ce qui la concerne ?

    Certains politicards mafieux s’y connaissent en « accident mortel ».

  • NEO

    Ou « mort accidentelle ». Prenez le comme bon vous semble.

    Désolé pour le triple post.

  • ratgana

    Pour qui roule Joseph Stiglitz ?

  • Pikpuss

    Et bien Stiglitz comme son nom l’indique, fait partie de cette mafia financière anglo-saxonne qui aimerait bien pouvoir créer la panique en Europe pour sauver le soldat dollar… Stiglitz = propagande…Donc pas de panique… Lire ‘ la chute du dollar  » de Saki…et les dossiers du leap2020.eu…

  • lilith lilith

    je me demande quand ils auront le courage de les laisser a leur propore sort après tout les banquiers on jouer ils ont perdu, si tu a une societé et que tu faits n’importe quoi personne ne viendra te sauver de la faillite.

    donc qu’on les laisses faire faillitent au lieu d’injecté des sommes faramineuse dans un secteur qui c’est tiré une balle dans le pied tout seul, seulement alors on pourra repartir sur des bases plus saines

    • ratgana

      Reste plus qu’à trouver la solution aux besoins de financements de l’entreprise.

      • lilith lilith

        un partie de l’argent qui est destiné a sauvé les banques peut très bien faire l’affaire. sauvé les peuples avant les banquiers me semble beaucoup plus judicieux et couper une bonne fois pour toute le pouvoir des banksters.

        un petit menu difusé par un de syndic j’ai pris quelque libertés en changeant ici et la le texte.

        Un menu dégustation

        Rognons de Mépris
        et son coulis d’indifférence

        Dédain en croûte truffé
        de délicates humiliations

        Soupe glacée d’arrogance
        violée d’injustice

        Alors que le peuple ne demande
        finalement que le plat du jour
        qui est simplement

        LE RESPECT

    • Pikpuss

      Attention, ces banquiers savent très bien ce qu’ils font. Ce serait une erreur de croire que ce sont des gaffeurs et des incompétents. Ce sont les fonctionnaires d’être machiavéliques qui font la guerre au genre humain par planche à billet interposée…
      Nous assistons à un coup d’état mondial pour le contrôle du monde et de ses richesses par les descendants d’un système féodal qui ne veut pas dire son nom.

  • Arlette

    Vendredi, 15 Juin 2012 – SPREAD-THE-TRUTH777
    ALERTE ROUGE : L’ESPAGNE Sortirait De L’Euro.
    Par Menthalo – Nous avons eu une information par un
    “initié” hier, mercredi, en début d’après midi, d’une imminente Sortie de l’ESPAGNE de l’EURO.
    Retour à la Péséta avec dévaluation de 20 % et Banking holidays espagnoles peut-être dès le vendredi pour empêcher les mouvements de capitaux vers l’étranger.
    Pour être très exact, cette source n’a pas donné le timing précis. Il n’a pas affirmé si c’était ce week-end ou le suivant ou… Il a dit ‘imminent’. Cette confidence vient en confirmation de différentes analyses anticipant une sortie de l’Espagne de l’Eurozone avant la Grèce, comme ici sur Marketwatch il y a 15 jours.
    Deuxième alerte rouge :
    Hier, en début de soirée, une nouvelle alerte était donnée par Steve Quayle, informé par une des sources au cœur du système bancaire international annonçant : “Fermeture imminente des banques espagnoles, qui va s’étendre à l’ensemble des PIIGS et même en France.” Son contact annonçant que “Morgan Stanley est le prochain Lehman Brothers” … “Sortez des marchés maintenant. NOW.”
    Le message de Steve Quayle a été viral sur le net, il a été repris notamment par silverdoctors, si vous voulez le lire in extenso. Je vous en ferai une traduction globale demain.
    Troisième alerte rouge ce matin :
    La société OANDA a annoncé qu’elle bloquerait toutes les négociations de ses clients sur le Forex à partir de 6.00 dimanche 17 juin en raison d’un événement potentiel majeur sur les marchés en dehors des heures d’ouverture des bourses. (publié cette nuit par Zerohedge).
    Dés la première alerte hier, j’avais contacté par mail notre ami Pascal Roussel en poste à la BEI, en lui demandant quelles pourraient être les réactions de l’Euro-Dollar en cas d’une sortie de l’ESPAGNE de la zone Euro. Cette phrase est parfaitement claire. C’est moi qui lui ai demandé les réactions des marchés au cas où cet événement arriverait. Il n’a, en aucune manière, indiqué que cet événement était possible, ni attendu, loin de là. Voilà ma question et sa réponse, que je cite avec son Autorisation.
    Question de menthalo au financier :
    Que se passe t’il à ton avis sur l’Euro-Dollar … hausse-baisse si l’Espagne sort de l’Euro brutalement ? L’Euro peut-il remonter parce-qu’il est soulagé d’un fardeau ?
    ou au contraire L’Euro chute parce-que la sortie d’un seul de ses membres casse le mythe ?
    ou bien le cours chute d’abord, puis remonte fortement après ?
    Pas facile…
    Quid si la Grèce sort d’abord et que l’Espagne suit ? Effondrement ? ou soulagement…
    Réponse de Pascal (auteur de Divina Insidia – Le Piège Divin) :
    Salut Cyrille,
    Deux questions faciles ! Je blague car c’est tout le contraire. Sur le marché monétaire, le cours de change est fonction
    1) de positions spéculatives d’investisseurs qui parient à la baisse et à la hausse ;
    2) d’investisseurs qui ont ou vont avoir besoin de changer une devise pour faire un paiement dans une autre devise. Ici je parle carry trade par exemple mais surtout des dérivés (genre cross currency swap)
    – Si l’ESPAGNE sort de l’euro…
    Dans un premier temps cette Annonce va provoquer une panique et une incertitude que tu ne peux pas imaginer ; donc les cours vont partir dans tous les sens.
    Tous les robots vont s’affoler et amplifier les mouvements. Donc pour éviter cela, imaginons une fermeture des Bourses, congés bancaires, énorme restriction sur les marchés monétaires le temps que le Monde digère. Puis la majorité dans le Monde financier en dehors de l’ESPAGNE qui attendait des cash-flows Espagnols en euro va s’inquiéter de ne pas pouvoir recevoir ces cash-flows Espagnols en euros (l’Espagne va se retrouver coupée de la source d’euros). Pour compenser ces cash flows manquants, il est possible que ce Monde financier vende d’autres devises pour provisionner de l’euro afin de respecter les engagements en euros. D’autre part, ce Monde va devoir calculer les Pertes probables suites à ces cash flows manquants et pour compenser ces Pertes, ils vont devoir vendre des actifs en euros. Dans ce scénario nous avons un énorme crash Boursier et une remontée de l’euro, suivie d’un rééquilibrage avec un fort mouvement à la baisse. Mais comme le poids du point 2 est énorme et ici, il peut donner lieu a des besoins brutaux et inattendus, il est très difficile de prévoir.
    Ce qui est quasi-certain, c’est que tu vas voir d’énormes fluctuations, amplifiées par les Banques Centrales qui vont essayer (en vain) de calmer le jeu.
    Suite : Brujitafr – par GEHRIG Fabian – FRIBOURG /SUISSE.