Grèce: Samaras annonce avoir échoué à former un gouvernement

Cela ne s’arrange pas vraiment en Grèce qui actuellement se rapproche de la Belgique d’il y a quelques mois sur un point: les grecs n’ont actuellement plus de gouvernement. Bruxelles commence à menacer et s’arracher les cheveux! 

Antonis Samaras © afp.

MISE À JOUR Le leader des conservateurs grecs Antonis Samaras du parti de la Nouvelle Démocratie a déclaré forfait lundi soir après avoir échoué à former un gouvernement de coalition, au lendemain d’une défaite historique des deux piliers du système politique grec dont les conséquences inquiètent l’Europe et les marchés.

Lundi, le chef de l’Etat Carolos Papoulias a confié à M. Samaras la tâche de constituer un gouvernement, en vertu de la Constitution qui réserve cette responsabilité au parti arrivé en tête du scrutin législatif de dimanche.

Trois jours pour former un gouvernement
Premier parti avec 18,85% des voix seulement dans un parlement émietté comme jamais, la Nouvelle-Démocratie devait tenter de trouver une majorité pro-austérité et pro-Europe. Le patron de la droite pro-austérité n’avait que trois jours pour trouver l’improbable formule magique, son équipe gouvernementale ne pouvant voir le jour qu’avec la coopération d’au moins deux autres partis, dont l’un serait forcément hostile à la cure de rigueur mise en oeuvre depuis deux ans pour juguler la crise de la dette.

Echec des négociations
Il a donc entamé lundi des discussions avec les leaders des formations ayant franchi le seuil des 3% nécessaires pour entrer au parlement, sauf avec le parti néonazi. Sa proposition d’alliance a d’emblée reçu une fin de non-recevoir d’Alexis Tsipras, dirigeant du désormais premier parti d’opposition, le Syriza (gauche radicale), arrivé à la deuxième place aux législatives, selon lequel « il ne peut y avoir de gouvernement de salut national avec la droite qui a signé des mesures de rigueur (…), que le peuple a rejetées ». Dans la soirée, il a essuyé un deuxième refus, celui du chef de la Gauche démocratique (Dimar) Fotis Kouvelis, un nouveau petit parti de gauche pro-européen, plus modéré que le Syriza, qui a obtenu 6,10% des suffrages et a fait son entrée pour la première fois au Parlement.

Les deux partis majeurs n’atteignent pas la majorité
A l’issue de sa rencontre avec M. Samaras, M. Kouvélis a refusé « de participer à un gouvernement de coalition droite-Pasok déguisé qui n’est pas compatible avec la volonté du peuple grec ». Quant au Parti communiste et au parti des Grecs indépendants, ils n’ont même pas accepté de le rencontrer. Or, avec les seuls socialistes du Pasok, ex-partenaire au gouvernement depuis novembre, la ND ne parvient pas à la majorité. Le parti de l’ancien ministre des Finances Evangélos Vénizélos obtient le pire score de son histoire avec 13,18% des voix, soit 41 sièges.

Bloc anti-rigueur
Le recours indispensable à un troisième parti est loin d’être évident, car cinq des sept formations du nouveau parlement sont opposées au memorandum d’accord de la Grèce avec ses bailleurs de fonds, qui impose au pays des mesures d’austérité drastique et des réformes structurelles de fonds en échange de leur perfusion financière. Ce bloc anti-rigueur détient la majorité arithmétique du parlement, soit 151 sièges. Un gouvernement de coalition aurait donc un caractère très fragile. Or le Premier ministre grec sortant Lucas Papademos a rappelé lundi que la Grèce a besoin de « stabilité » afin de « mener à leur terme ses efforts » pour sortir de la crise.

L' »explorateur » passe la main
M. Samaras a donc informé le président Carolos Papoulias de son échec et lui a restitué son mandat. « J’ai fait ce que j’ai pu pour obtenir un résultat, mais c’était impossible », a déclaré M. Samaras. Ce « mandat exploratoire » sera remis dès demain à 11h GMT au dirigeant du deuxième parti, M. Tsipras qui de son côté voudrait tenter un gouvernement résolument de gauche qui veut une renégociation avec les partenaires européens de la Grèce sur les mesures d’austérité et demande qu’une partie de la dette grecque soit annulée. Son score qui lui permet de décrocher 52 sièges au parlement a créé la surprise et traduit une forte poussée de la gauche anti austérité en Grèce.

Possibilités limités
Si lui aussi devait échouer, le mandat exploratoire sera ensuite confié au troisième parti, le Pasok socialiste. Et en cas de troisième échec, le chef de l’Etat convoquera les leaders des partis parlementaires pour une réunion de la dernière chance, qui peut durer plusieurs jours.

« Cauchemar »
Lundi, le journal Ta Néa (centre-gauche) titrait sur un « cauchemar: l’impossibilité de former un gouvernement », en soulignant que de nouvelles élections anticipées ne sont pas exclues. Certains médias grecs ont déjà évoqué lundi la date du 17 juin pour un nouveau scrutin, nourrissant l’inquiétude perceptible sur les marchés financiers au sujet de la Grèce, à l’aube de ces dix jours cruciaux pour le pays et la zone euro.

Bourse
La Bourse d’Athènes a dégringolé de 6,6 pour cent lundi. A Berlin, la chancelière allemande a insisté sur « la mise en oeuvre des réformes », qui revêt une « importance essentielle ». Berlin continue de considérer le plan d’aide européen comme « la meilleure voie » pour une sortie de crise. Bruxelles a également appelé le pays à « respecter ses engagements ».

Pour sortir de l’impasse, les responsables politiques grecs pro-austérité ont timidement esquissé la possibilité d’amender la feuille de route des ajustements exigés par les créanciers du pays.

Source: 7sur7.be

23 commentaires

  • vincenzo

    Ils n’ont qu’à suivre l’exemple de l’Argentine.
    En 2005, les banquiers étaient de retour pour proposer de l’argent au gouvernement argentin, qui refusa poliment.
    Aujourd’hui(10 ans plus tard) le déficit de l’Argentine, n’est plus que de 30% du PIB.
    Combien de pays doivent l’envier !!!?

  • ig

    l’exemple de l’Island est aussi une bonne piste
    Qu’on les mette tous en prison !

    • vincenzo

      Exact !
      En 2011, la croissance a été de 2,7 %.
      Toute l’Europe en rêve !

    • ratgana

      Ha, l’Islande….

      Bonne piste ? Et ce n’est pas grâce à l’extrême droite mais aux anarchistes qui se sont incrustés en politique. Les islandais, eux avaient compris quelque chose d’important et ce n’est pas le cas du reste de l’U.E .
      En attendant le gouvernement Islandais veut entrer dans l’U.E depuis 2009.

    • silex

      Mais oui ! yen a marre des banquiers. Qu’ils les foutent à l’eau sur un radeau.

  • Antipodeanman41

    Voir fonctionner le berceau de la démocratie va être trés riche d’enseignement quant à l’évolution européenne.

  • martinb

    une note d’humour :………..

    la grece va suivre l’exemple de la belgique pour la formation d’un gouvernement (je cite)………..

    il n’en est pas question, en belgique nous avons le reccord, nous y tenons, que les grecs ne viennent pas nous faire de l’ombre.

  • Lilithe Lilithe

    Rien à voir avec la situation en Belgique qui peut fonctionner sans gouvernement car c’est un état fédérale, la Grece sans gouvenement c’est comme un bateau sans gouvernaille, quand a comparer la faillitte de l’argentine je tiens quand mème à dire que l’argentine exporte et produit donc a une véritable économie, la Grece ne produit et n’exporte rien mais importe pratiquement tout ce qui la fragilise d’avantage et ce serait vraiment un désastre humanitaire si la situation perdure…quand a l’Islande c’est essentiellement une faillite bancquaire qui est en cause et non une faillite de l’état a proprement dit.
    je peux vous dire que je ne suis pas fier quand mes compatriotes votent massivement pour un partis neo nazis, ce sont en majorités des jeunes complètement désoeuvrés et désespèrés mais qui n’on pas connu la répression d’un état totalitaire qu’était celaui des colonels, l’histoire de la grece moderne est très récente (400 ans d’esclage sous l’occupation Turc avant ça elle a été occupé par les vénitien, les francs etles Romains les Byzantins ne sont pas des grecs mais des romains orientalisés.
    petit rappel d’histoire
    – 1821 première indépendance capital Nafplio
    en moins de 100ans elle a connu de nombreuses guerres d’indépendance, la guerre des balcans, la 1er et la 2eme guerre mondiale suivi d’une guerre civile sanglante et fratricide (que les grecs évoque avec beaucoup de précaution) et une dictature, donc quand vous faite référence à la démocratie grecque on fait référence a l’antiquité VI siecles avant JC et elle était réservée au citoyen libre d’Athenne uniquement le reste du pays étant composer de petits royaumes – je vous invite également lire la république de Platon il y décrit la démocratie comme étant une forme de plus de la tyranie.

    • vincenzo

      A « Athễnai » les citoyens « libres » (ayant porté les armes) pouvant voter ne représentaient que 6 000 personnes, les femmes et les esclaves ne pouvaient voter !
      Chaque famille possédant plusieurs esclaves, combien ne pouvaient voter ? 20, 40, 60 000 ?
      La Démocratie s’écrit avec un « D », comme « D »ictature.

      • Lilithe Lilithe

        oui c’est ce que je disai uniquement les citoyen libre d’Athennes les femmes non comprises car elle n’avait aucun droit

  • wonderfag

    Grand ami d’Athènes, je suis de tout coeur avec mes ami/es de là bas, anarchistes, militant/es de gauches, féministes. L’essor du parti néonazi n’est malheureusement que la manifestation extrême d’un nationalisme et d’un racisme extrêmement ancré dans la société grecque. La France n’est pas meilleure évidemment. Mais comme il s’agit ici d’un article sur la Grèce, il faut quand même rappeler que l’histoire de la Grèce depuis le 19e siècle et son indépendance a été émaillé d’épuration ethnique (massacres et expulsion de milliers de turcs et le fait que les grecs ont été persécutés aussi du côté turc n’excuse rien, les grecs ne sont pas les arméniens), d’antisémitisme généralisé (une fois que les nazis ont massacrés la quasi totalité des juifs de Salonique, les autorités grecques ont effacé tout les vestiges de la présence juive dans cette ville, même le cimetière juif a été rasé pour accueillir l’université) … et je ne parle pas des pogroms anti-albanais ou plus récemment des ratonnades anti-immigrés à Athènes ou de l’incendie criminel du bidonville de sans papiers à Patras, etc.

    Alors s’il vous plait, arrêtons d’avoir cette vision romantique et fantasmée de la Grèce « berceau de la démocratie ». L’antiquité grecque était aussi caractérisée par les guerres perpétuelles entre cités, par l’esclavage le plus inepte, par l’exclusion des femmes de la vie publique … et cette fameuse démocratie n’avait cours qu’à Athènes durant un faible laps de temps et la citoyenneté était évidemment refusée aux femmes et aux esclaves.
    La Grèce d’aujourd’hui doit se comprendre par son histoire récente et non pas sur ce qui s’est passé il y a plus de 2 millénaires.

    • Lilithe Lilithe

      merci wonderfag, les philihelenes aiment les grecs pour ce qu’ils sont et non ce qu’ils ont pu représents durant comme tu le dis un court laps de temps et uniquement à Athenne, malheureusement l’image peu reluisante que tu donnes de mes compatriotes reflète bien la réalité.
      Si vous voulez vraiment avoir une image de ce que sont les Grecs (pas que eux d’ailleur tous les pays des balkans sont malade de nationalisme exacerbé)
      je vous recommande le film 100% Grec de Filipos Tsitos

      SYNOPSIS
      Quatre amis vieillissants, confrontés au déclin de leur commerce, pourfendent à longueur de journée les immigrés chinois et albanais, venus tenter leur chance à Athènes. Sûrs de leur supériorité de Grecs, Stavros, Nikos, Thymios et Argyris observent d’un oeil critique la transformation de leur quartier sous l’impulsion de ces étrangers pleins de vitalité. Leur irritation est à son comble lorsqu’ils apprennent qu’on veut édifier un monument à la solidarité entre les cultures. Mais Stavros doit ravaler ses grandes tirades patriotiques le jour où sa mère, sénile, tombe dans les bras d’un jeune ouvrier albanais. Elle se met soudain à parler sa langue et raconte qu’elle a dû, il y a bien longtemps, fuir l’Albanie en abandonnant sur place un de ses deux fils…

  • silex

    Platon oui. Justement le NWO en est ultra fan de cette République tyranique. Ils adorent Platon.

  • mémé

    Je comprends les Grecs. Qui voterait pour des gens qui amputent votre salaire de 20% pour le même travail?
    Qui voterait pour des partis qui vendent le pays à l’Europe?
    En cas de crise forte, c’est toujours l’étranger le fautif.Là, ils n’ont rien inventé. A rapprocher du vote LePen dans les quartiers sensibles.

  • KD.2-mésou-6

    ALERTE !!!!!!! Que des enfoirés!!!!

    #Grèce – Bruxelles oblige la BEI à censurer une clause d’un contrat de prêt à la Grèce
    Reportage BFM Business du 8 mai 2012 vers 8h !!! à faire circuler d’urgence partout sur les réseaux. Le journaliste, Bénaouda Abdeddaïm, dévoile ouvertement une vérité qui a été tue en avril 2012 durant les élections en France.
    On apprend que tout est orchestré pour empêcher une nation de quitter en toute liberté avec son peuple la zone euro. une zone euro dictature. Hors certains dirigeants européens font semblant de tenir une discours inverse.
    La BEI a inclus dans un contrat de prêt à l’équivalent de l’EDF grec un clause éventuelle d’un retour au Drachme, la monnaie nationale grecque … Ça a fait un scandale à Bruxelles dit-il, et « on a obligé la BEI à retirer cette clause qui est censée couvrir un institution financière contre un risque, risque il faut le dire de + en + important »
    Au vu de l’impossibilité ce matin en Grèce de former une coalition intelligente pour redresser le pays, les Grecs seraient contraint de devoir revoter le 17 juin prochain …
    La liberté des peuples, la souveraineté d’un Etat ne se conjuguent pas tout avec l’Europe de Bruxelles ont en a encore la preuve en live !

    http://www.youtube.com/watch?v=vPmp1eJF8hw&feature=player_embedded

    source http://buzeenews.blogspot.fr/

  • Et la fiesta continue dans le domaine!!! On est en Europe, ça se casse la gueule et on se marre tant qu’on le peut, vous prendrez quoi à boire? Moi un soda please!

    La Grèce n’est plus liée par ses engagements envers l’Union européenne et le Fonds monétaire international après le rejet par les électeurs des partis favorables aux plans de renflouement, a estimé ce mardi le chef de file de la Coalition de la gauche radicale, Alexis Tsipras.

    Le chef de Syriza, qui va tenter de former un gouvernement de coalition après que les conservateurs arrivés en tête des législatives de dimanche ont renoncé, a préconisé de placer les banques sous le contrôle de l’Etat et souhaité qu’une commission internationale enquête sur le caractère légal de la dette publique grecque.

    «Le plan de sauvetage a été clairement annulé par le verdict populaire», a déclaré Tsipras, dont la formation a été propulsée contre toute attente au rand de deuxième force politique du pays.
    Source: http://www.20minutes.fr/ledirect/930457/grece-plus-liee-engagements-ue-selon-extreme-gauche

  • silex

    Pour les Français aussi d’ailleurs. Hollande est comme l’autre une marionette de la city et ne fera strictement rien à part continuer leur oeuvre de destruction en prétendant le contraire. comme Obama….

    http://spread-the-truth777.blogspot.fr/2012/05/le-complot-obama.html