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Athènes ou le nouveau tonneau des Danaïdes …

Pendant que l’Europe s’échine à vouloir sauver les créanciers de la Grèce, les pontes hellènes siphonnent leurs comptes en banque et l’Allemagne se prépare à envoyer des percepteurs dans le Péloponnèse…

Img/connaissancedumonde

Nico et sa copine l’impératrice Angela, la reine Christine (Lagarde), Jean-Claude Juncker le discret Kaiser de l’Eurogroup flanqués de leurs kyrielles d’experts, n’ont de cesse de nous convaincre que notre avenir passe par Athènes qu’il faut sauver coûte que coûte de la faillite.

Outre que même les citoyens européens dépourvus de toute formation supérieure en économie ou en finance commencent à comprendre que le sauvetage en question est surtout destiné à permettre aux créanciers du pays de récupérer égoïstement le maximum de leurs mises, la tournure des évènements devrait inciter nos gouvernants incultes à se replonger un moment dans la légende du tonneau des 50 filles du roi Danaos.

A quoi bon essayer de faire rentrer la monnaie dans les coffres athéniens puisqu’ elle en ressort aussi sec.

Pas plus tard que vendredi 24 février, leur gouvernement a même menacé de donner les noms des députés félons qui, d’un côté ont voté sans enthousiasme des mesures accrues d’austérité pour complaire à Angela, et de l’autre sortent par wagons leurs économies du pays pour les placer à l’étranger.

65 milliards d’euros échappées des banques grecques

Faut tout de même pas oublier que depuis le déclenchement de l’explosion de leur dette en 2009, nos amis grecs ont retiré près de 65 milliards d’euros de leurs banques. Les malheureux les stockent à la maison dans des copies bon-marchés de vases étrusques ou dans des coffres loués au mois, un business local temporairement florissant. Résignés, ils attendent de devoir les échanger à un taux pas trop indécent contre des drachmes dévaluées lorsque le pays aura été abandonné à lui-même.

Le problème a pris une nouvelle dimension cette semaine lorsque Panagiotos Nikiloudis, procureur spécial de son état, notamment en charge de la lutte contre le blanchiment ( !) a annoncé qu’un député avait discrètement expédié un million d’euros à une banque suisse courant 2011.

Le magot évaporé des hommes politique

Vendredi donc, le ministre des finances, Evangelos Venilezos a piqué une grosse colère : « Bien sûr, il existe une grande différence entre ce qui est légal et ce qui est approprié. Des hommes politiques ou leur famille, ont transféré à l’étranger plus de 100 000 euros chacun en 2011. Leurs identités sont en cours de vérification et seront communiquées au porte parole du Parlement. Elles seront dévoilées afin qu’ils s’expliquent. J’ai récemment lancé un appel pour un mouvement national afin que les fonds retirés retournent dans les banques. Les hommes politiques et leurs familles doivent donner l’exemple… ».

Cause toujours…16 des 65 milliards d’euros évaporés dans la nature ont pris le chemin de l’étranger, principalement de la Grande Bretagne.

Yannis Michelakis, porte parole du parti pour la Nouvelle Démocratie  qui compose l’essentiel du gouvernement avec les socialistes du Pasok, s’est même cru obligé de déclarer que le député s’étant rendu coupable du virement d’un million d’euros doit démissionner.

Souvenirs d’Allemagne de l’Est

Un peu découragée aux dernières nouvelles et de plus en plus inquiète des conséquences politiques du merdier grec en Allemagne, Angéla proposerait aux Athéniens, selon une indiscrétion à paraître dans un article de Wirtschafts Woche à paraître ce lundi, de leur envoyer 160 percepteurs allemands parlant le grec, pour accélérer les rentrées de flouze. Ils sont pour la plupart originaires du Land de Rhénanie-Palatinat dont le ministre des finances, Norbert Walter-Borjans a récemment comparé avec tact, la Grèce à l’Allemagne de l’Est avant la réunification. On parle même de rappeler des fonctionnaires allemands retraités pour prêter main forte. La prochaine étape c’est la nomination d’un néo-gauleiter à Athènes ?

Comparaison n’est pas raison : l’Allemagne de l’Ouest a injecté 1 500 milliards d’euros pour récupérer sa moitié Est ; par contre, dans un sondage de l’Institut Emnid paru ce week-end dans Bild am Sonntag, 62% des Allemands se déclarent définitivement hostiles à la poursuite des contributions au ‘puits sans fond’ grec.

Au fait, comment se termine la légende de cette histoire de tonneau… ?

Par Woodward et Newton

Source Bakchich.info

Et Hélène COLLIOPOULOU de  l’AFP nous dit:

Le Parlement grec a adopté mardi soir un projet de loi impopulaire prévoyant de nouvelles coupes budgétaires demandées par les créanciers de la Grèce en échange du nouveau plan d’aide, à la veille de nouvelles manifestations contre l’austérité.Ce texte adopté à une très large majorité de 202 députés sur les 283 qui ont participé au vote, fait partie « des actions prioritaires » fixées dans le memorandum négocié par le gouvernement grec avec les créanciers du pays, et concrétisé par une loi cadre votée le 12 février au milieu de violentes manifestations à Athènes.

Les partenaires de la Grèce en avaient fait une condition sine qua non du versement à ce pays des prêts indispensables pour lui éviter la faillite et une sortie de l’euro.

Les syndicats et l’opposition de gauche en ont fait un nouvel axe de leur combat contre les politiques de rigueur « barbares » menées depuis le début de la crise grecque, en 2010.

Alors que le vote d’une deuxième loi d’économies est programmé pour mercredi, les syndicats appellent à manifester le même jour dans le cadre d’une journée de mobilisation européenne anti-austérité.

Mardi, plusieurs centaines de policiers, de pompiers, de garde-côtes ont manifesté contre les baisses de leurs salaires qui atteignent dans certains cas 40%, selon les syndicats. Certains ont brûlé un drapeau nazi devant le parlement.

Presque au même moment, le président du Parlement européen, l’Allemand Martin Schulz s’attirait les applaudissements des députés grecs lors de son discours, prononcé en allemand, pour les exhorter à voter les nouvelles mesures d’austérité. Tout en les assurant que la Grèce « n’est pas seule ».

[…]

Ces mesures viennent s’ajouter à la baisse de 10% des retraites du secteur public intervenues au moment de l’adoption d’un premier train de mesures de rigueur en 2010, en échange d’un pemier prêt de l’UE et du FMI de 110 milliards d’euros.

Le nouveau projet de loi comprend également une baisse de 10% des salaires des dirigeants de collectivités locales (maires, maires adjoints, préfets) ainsi qu’une fusion des organismes de recherche, dont le nombre va passer de 56 à 31.

[…]

Ce nouveau tour de vis s’ajoute au vote, dans la loi cadre du 12 février, d’un abaissement de 22% du salaire minimum (qui passe à 586 euros), et de 32% de celui des jeunes de moins de 25 ans.

Lire l’article en entier

 


 

10 réponses à Athènes ou le nouveau tonneau des Danaïdes …

  1. Et si on laissait les GRECS faire le ménage
    et pendre leurs escrocs et profiteurs des zelites
    par les pieds,
    et les faire dégorger comme des escargots,

    jusqu’à ce qu’ils rendent au pays le fric détourné.

    (après tout on pourrait le faire chez nous aussi!)

    arrêtons de payer pour la GRECE,
    ça ne sert à rien,
    et surtout pas au peuple,

    plus on paie,
    plus ils les affament. 

    même si les petits ne paiyaient pas leurs impôts correctement,
    ce ne sont pas eux les gros responsables.

    ceux qui connaissent un peu la vraie Grèce,
    (pas les zotels 5 étoiles en mer Egée,)
    savent que le petit peuple grec,
    n’a jamais été riche.
    il suffit de voir la simplicité de leurs maisons et de leurs moyens de vie. 

    on le sait dés que l’on sort des  des zones pouddings à touristes.

    c’est ce peuple là qui est en train d’étouffer,

    ceux qui ont magouillé
    ont l’argent bien au chaud.

    amis grecs ayez le courage d’une vraie révolution
    de l’intérieur,
    car personne ne pourra la faire à votre place.

    faites baisser la tête à la CE, au FMI,
    et réappropriez vous votre pays.

    village par village, rue par rue,
    virez la corruption
    et remettez la démocratie en ordre.

    sinon vous êtes FOUTUS.

    bon courage.

    • La Grèce a acquis pour 5 milliards d’armements auprès de la France et de l’Allemagne… Tant d’armements pour un si petit pays qui n’a pas vraiment d’ennemis… Les élites grecques sont profondément corrompues. Il faudrait dénoncer ce commerce des armes et que la justice fasse entendre tous les acteurs de cette affaire qui a dû être fort juteuse pour quelques-uns dont certains à la tête des banques…
      Avec 5 milliards d’Euros on aurait soutenir de très nombreux projets en Grèce…mais l’économie réelle n’intéresse pas nos joueurs de poker qui exigent cependant que les petits paient pour leurs magouilles et leurs dettes de jeu tandis qu’ils mettent leur magot personnel en lieu sûr…

      • ce n’est pas le peuple qui a passé commande

        mais c’est lui qui paie toutes les factures.

        La GRECE sert de beta testeur pour la suite du programme
        à l’échelle européenne.

  2. Sous l’injonction des « sauveurs »,
    on voit s’installer en Europe des gouvernements de technocrates qui font fi de la souveraineté populaire.
    Le but ne saurait être le «sauvetage» de la Grèce :
    sur ce point, tous les économistes dignes de ce nom sont d’accord.
    Il s’agit de gagner du temps pour sauver les créanciers tout en menant le pays à une faillite différée.
    L’aggravation artificielle et coercitive du problème de la dette a été utilisée comme une arme pour prendre d’assaut une société entière.
    Ainsi l s’agit surtout de faire de la Grèce le laboratoire d’un changement social qui, dans un deuxième temps, se généralisera à toute l’Europe.
    Le modèle expérimenté sur les Grecs est celui d’une société sans services publics, où les écoles, les hôpitaux et les dispensaires tombent en ruine,
    où la santé devient le privilège des riches, où les populations vulnérables sont vouées à une élimination programmée,
    tandis que ceux qui travaillent encore sont condamnés aux formes extrêmes de la paupérisation et de la précarisation.
    Ce nouveau modèle de société est conforme aux exigences du fondamentalisme néolibéral.
    Modèle destiné à toute l’Europe et plus si affinités.
    C’est le véritable enjeu et c’est pour cela que défendre le peuple grec ne se réduit pas à un geste de solidarité ou d’humanité abstraite :
    l’avenir de la démocratie et le sort des peuples européens sont en question !
    Partout la «nécessité impérieuse» d’une austérité «douloureuse, mais salutaire»
    va nous être présentée comme le moyen d’échapper au destin grec, alors qu’elle y mène tout droit !
    Il ne faut pas laisser le monopole de la parole aux experts et aux politiciens.
    Le fait qu’à la demande des dirigeants allemands et français en particulier la Grèce soit désormais interdite d’élections peut-il nous laisser indifférents ?
    La stigmatisation et le dénigrement systématique d’un peuple européen ne mériteraient-ils pas une riposte ?
    Est-il possible de ne pas élever sa voix contre l’assassinat institutionnel du peuple grec ?
    Et pouvons-nous garder le silence devant l’instauration à marche forcée d’un système qui met hors la loi l’idée même de solidarité sociale ?
    Nous sommes au point de non-retour.
    Il est urgent de mener la bataille des chiffres et la guerre des mots pour contrer la rhétorique ultralibérale de la peur et de la désinformation.
    Il est urgent de déconstruire les leçons de morale qui occultent le processus réel à l’œuvre dans la société.
    Il devient plus qu’urgent de démystifier l’insistance raciste sur la «spécificité grecque»,
    qui prétend faire du caractère national supposé d’un peuple (paresse et roublardise à volonté) la cause première d’une crise en réalité mondiale.
    il faut dénoncer le crime, porter au grand jour la situation dans laquelle se trouve le peuple grec à cause des «plans d’aide»
    conçus par et pour les spéculateurs et les créanciers.
    pour la solidarité avec le peuple grec qui résiste !
    Si ce n’est pas nous, ce sera qui ?
    Si ce n’est pas maintenant, ce sera quand ?

  3. L’une des définition du colonialisme n’est elle pas ? :

    un état colonisé est un état dans l’administration est controlé par un autre état.

    L’Europe (mais est-ce un « état » ?), le FMI (idem), l’OMC et la Banque Mondiale  colonisent la Grèce.

    Tout comme la France est colonisée par les Corses  ! :rotfl:

    Hè ! Domè ! C’est une blague !   8-)

  4. Il y a un espoir : l’islande qui a réussi à mettre les usuriers hors du circuit de leur économie et depuis…ce pays va bien et même très bien… L’Argentine a fait de même…et bien nous savons ce qu’il reste à faire…. Expulser de notre continent tout ce qui ressemble de près ou de loin à un usurier…. A la rigueur ils pourront tous se retrouver en Angleterre, le pays qui leur est si cher…ou dans l’un des 40 paradis fiscaux de sa gracieuse majesté.

    • Bien vu

      l’Islande a mis un coup de pied dans la fourmilière,
      c’est d’ailleurs pour cela que l’on en parle si peu
      dés fois que cela donnerait des idées à d’autres. 

      pour l’Argentine, elle a essayé mais se trouve actuellement dans une position économique vraiment difficile

      pour tenir tête il faut une unité nationale forte,
      de surcroît les islandais sont peu nombreux,
      c’est plus simple de refaire de la démocratie de terrain
      quasiment du jour au lendemain.

      si ces choix sont le fait de quelques gouvernants,
      c’est plus difficile à suivre,
      et il y a des forces très régressives qui oeuvrent encore dans la société argentine.

  5. Evidemment, l’idéal serait qu’ils finissent leurs jours à Sainte Hélène… pour y méditer de leurs crimes.