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En Espagne, les Indignés « libèrent » des immeubles pour les familles à la rue

La vapeur commencerait-elle à s’inverser? De grands changements risquent de survenir en 2012, et ce genre d’actions ne peuvent être que félicitées et multipliées!!!

Chaque jour, en Espagne, 300 familles sont expulsées de leur maison ou de leur appartement. Dans la lignée du mouvement des Indignés, des collectifs pour le droit au logement se multiplient. À Barcelone, des occupations d’immeubles vides viennent d’être reconnues « légitimes » par la justice. Le début d’un mouvement social massif face à la spéculation immobilière ?

Dans l’« edificio 15 O », à Barcelone, neuf familles vivent sans craindre l’expulsion. À l’issue des grandes mobilisations de l’automne pour s’opposer aux coupes budgétaires dans la santé et l’éducation, ainsi qu’au manque de logements publics, les indignés ont pris possession de cet immeuble vide de la rue Almagro. Grâce à un petit miracle juridique, les familles qui s’y sont installées ne craignent désormais plus les poursuites pénales. Le procès pour occupation illégale s’est achevé sur un non-lieu, le 7 novembre. La fête organisée en l’honneur de ce jugement a sonné comme un coup de départ pour d’autres occupations du même genre.

300 familles expulsées chaque jour

Inoccupé depuis cinq ans, cet immeuble de la rue Almagro appartient à la banque Cajamar. Il a été racheté par la banque suite à la faillite de la société immobilière en charge des travaux. L’ancien propriétaire a tout perdu dans l’affaire, et la banque attend patiemment que le cours du marché de l’immobilier espagnol reprenne pour revendre le bâtiment. L’« edificio 15 O » n’est pas un cas isolé : en Espagne, 3 millions de logements vides, parfois inachevés, prennent la poussière dans l’attente d’une reprise de la spéculation. Pendant ce temps, 300 familles sont expulsées chaque jour de leur logement, incapables de rembourser l’emprunt contracté pour devenir propriétaire, à une époque où l’hypothèque coûtait souvent moins cher qu’une location (voire notre reportage).

« En Hollande et dans d’autres pays, il y a des amendes, voire plus, au bout d’un an et demi d’inoccupation des logements. Mais l’Espagne est à la traine. Si l’État est incapable d’octroyer un logement digne, l’occupation devient une alternative légitime », considère Jon Aguirre Such, membre de Democracia Real Ya et de Paisaje Transversal une plateforme qui travaille sur de nouveaux modèles de gestion urbaine. « Tous les Espagnols ont le droit de jouir d’un logement digne et adéquat », énonce l’article 47 de la Constitution. Le 7 novembre, le juge d’instruction a pris acte de ce droit, en tenant compte des circonstances exceptionnelles de la crise : l’occupation est liée « au chômage des jeunes, au difficile accès au logement, à la spéculation urbanistique et aux alternatives autogérées. » Un jugement qui fera désormais jurisprudence.

Vers un mouvement d’occupation de masse ?

L’occupation comme arme politique ? L’idée n’est pas nouvelle. Mais à Barcelone, elle est en train de subir un « saut qualitatif », selon un voisin de l’edificio 150 venu apporter de la nourriture aux habitants. « Il est difficile de parler d’okupa – terme qualifiant la mouvance des squats de Barcelone – dans le cas de l’« edificio 15 O ». Car ses nouveaux locataires ne sont pas des militants, des professionnels du squat, mais des victimes de la crise du logement », explique Manuel Delgado, anthropologue à l’Université de Barcelone. Une partie du mouvement okupa est en train de se convertir en mouvement de masse. « Un large pan de la gauche, des plus radicaux jusqu’à des membres du parti socialiste, soutiennent l’évolution du mouvement. En stoppant des centaines d’expulsions et en relogeant des familles, ils montrent qu’il est encore possible d’obtenir des victoires », s’enthousiasme Manuel Delgado, proche du mouvement Miles de Vivienda, le collectif de « réappropriation urbaine » filmé par le documentaire Squat, la ville est à nous.

Ce nouveau type de squat a surtout un objectif social [1]. Les familles qui vivent aujourd’hui dans l’immeuble de la rue Almagro ont déjà subi au moins une expulsion. Dans l’immeuble inachevé, où il a fallu attendre un mois avant d’installer l’eau courante, on trouve des appartements neufs et de qualité, mais sans meubles. Certains ont dégoté un four pour cuisiner. Pour les autres, les indignés qui s’occupent de l’organisation de l’immeuble font tourner une cantine communautaire au rez-de-chaussée.

Quand les collectifs de squatteurs remplacent les services sociaux

Adrián passe la plupart de ses journées à chercher du travail et ne profite de la cantine que le soir. Ce jeune roumain vit au premier étage avec sa femme. Ils sont un des seuls couples sans enfant de l’immeuble : leur fils de 11 mois a été prise en charge par les services sociaux à Cadix. Ils font tout pour le récupérer. Une séparation douloureuse pour tous ceux qui, parmi les 150 000 familles espagnoles menacées d’expulsion, ne sauront pas trouver un toit pour leurs enfants.

À l’instar des autres familles, ils n’ont ni le temps ni la tête aux tâches quotidiennes de l’immeuble. « Au début il y avait beaucoup d’échanges, mais à présent seules quelques familles viennent manger et cuisiner de temps en temps avec nous », souligne Natacha. La jeune femme fait partie de ceux qui se sont portés volontaires pour organiser la vie quotidienne. Cette photographe dort depuis le 15 octobre dans l’immeuble, après avoir passé ses nuits avec les Indignés de la Plaza Catalunya. Une suite logique, pour elle. Et un quotidien éreintant, entre nettoyage et assemblées à répétition, où se décident les questions internes à l’immeuble, les fêtes de quartier ou les relations avec la presse. Pour beaucoup de ces jeunes issus du mouvement okupa, c’est une nouveauté de vivre avec des habitants qui ne suivent pas leur mode de vie communautaire. « On n’est pas une secte ! Nous sommes ici pour les soutenir et leur permettre de vivre le mieux possible », précise Natacha. Balai en main, elle nettoie une salle destinée à accueillir des jeux d’enfants.

Spéculation privée ou logements sociaux ?

Soutenir les familles expulsées : une mission des services sociaux de la ville. Mais leurs efforts ne suffisent plus face à la vague quotidienne de gens jetés à la rue. « Les services sociaux construisent un hôtel d’urgence pour accueillir les familles dans le besoin. Mais celles-ci doivent quitter les lieux au bout de trois jours… C’est la seule solution qu’ils ont trouvée », rélève Antonio, membre de « 500×20 ». 500 logements avec un loyer à moins de 20% du revenu de ses habitants : telle est la revendication de ce collectif de quartier né à Nou Barris en 2006, qui dénonce la pénurie de logements publics à Barcelone. Chaque semaine, ils reçoivent plusieurs cas de familles sur le point d’être expulsées : « On les dirige vers un avocat et, pour les cas sans solution légale, on se charge de les « reloger » ». Avec un occupation de de logements vides. « Nous devons agir de manière subtile pour ne pas être accusés d’incitation au délit », souligne-t-il.

Indignés, 500×20, Miles de Viviendas… Si ces collectifs en viennent à outrepasser la loi, c’est, soutiennent-ils, parce que la politique du logement à Barcelone privilégie la spéculation privée au détriment de l’offre publique. Récemment, 500×20 a envahi le siège de l’Agence du logement de Catalogne pour dénoncer la spéculation immobilière. En réponse, l’agence publique s’est engagée à consacrer 3 000 logements vides à la location publique, à des prix accessibles. Preuve pour Antonio que la municipalité préfère réserver ses immeubles vides au marché privé plutôt qu’aux familles désœuvrées.

Des centaines de maisons murées par la municipalité

Une critique dure à avaler pour Gerard Capó, directeur technique au Consortium du logement de Barcelone. Depuis 2009, le programme pour lequel il travaille a permis de reloger 337 familles modestes, avec un loyer à 20% de leurs revenus. « La situation actuelle à Barcelone nous dépasse tous, on ne peut financer des logements que selon nos capacités », reconnaît Gerard. Le programme se charge de trouver des logements, mais aussi de financer 80% du loyer.

Beaucoup de militants du droit au logement négligent de souligner les efforts de l’administration publique, regrette Gerard. Des efforts réels, souligne-t-il, dans la même veine que le programme « location accessible » lancé le 10 novembre par la Fondation sociale de la Caixa. La fondation de cette banque va permettre l’accès à 3 000 logements pour des familles précaires, à des loyers accessibles. « Ils nettoient leur image. C’est un bon début, mais il faudrait qu’il n’y ait plus aucun logement vide à Barcelone », considère Antonio, de 500×20. « Dans le quartier de Bon Pastor, il y a des centaines de maisons murées, aux toits détruits par la propre municipalité de Barcelone !, témoigne Manuel Delgado. Pourquoi ne les utilise-t-on pas ? ». En attendant, les indignés continuent de « libérer » des logements vides. Suivant l’exemple de l’« edificio 15 O », cinq nouveaux bâtiments ont été occupés en novembre.

Emmanuel Haddad

Notes

[1] Dans Désobéissance civile et démocratie, l’historien états-unien Howard Zinn définit la désobéissance civile comme une « violation délibérée de la loi dans un objectif social ». L’auteur américain évoque des actions, comme celle de « voisins qui empêcheraient l’expulsion d’une famille incapable de payer son loyer » :« Même s’ils ne concernent qu’un individu ou une famille, [ces actes] adressent un message plus général sur les défaillances de la société. »

Source: Bastamag.net

10 réponses à En Espagne, les Indignés « libèrent » des immeubles pour les familles à la rue

  1. Bravo aux espagnols capables de protéger des familles pour qu’elles ne restent plus dehors.

    par contre l’immeuble en photo,
    c’est un bon début certes,

    mais il me semble que les indignés pourraient réquisitionner aussi ces somptueux bâtiments construits à tour de bras  sur la côte espagnole
    pour le seul profit de fonds de pension douteux
    et  de spéculateurs immobiliers  véreux, 

    n’oublions pas au passage que le peuple espagnol est victime aujourd’hui de la spéculation interne,
    des fortunes se sont bâties en vendant des milliers d’hectares agricoles pour bâtir tout et n’importe quoi, au détriment du petit peuple, qui a juste bénéficié de la manne de la construction et du tourisme pendant l’après franquisme.

    mais la logique de toute bulle exige que ce genre de situation finit toujours par exploser à la figure des plus fragiles.

  2. merci la Tunisie (les musulmans)

  3. ça aussi ce sont des actions fantastiques, qui émeuvent profondément. Plein de personnes solidaires qui s’unissent non pas pour défendre leurs propres intérêts mais ceux des plus démunis, des plus faibles. Tant que l’Humanité n’aura pas intégré cette « Vérité » ça continuera à être la cata. Ils sont pas la « rouletabille ou crotte de nez » et « a.caporal » ? Non, y’a que les nibards en plastiques et dénigrer les commentaires qui tentent de prévenir les gens et leur famille des dangers qu’ils courent qui les intéressent…

  4. Autant les indignés bruxellois sont inconsistants, lymphatiques, apathiques et déblatèrent un discours fade et creux…:
    http://www.youtube.com/watch?v=dd4kIQXCrzw
    .. autant les indignés espagnols ont un sacré charisme, plein d’énergie et de l’allure !
    http://www.youtube.com/watch?v=y7H00pKlDIE
    Quelle pêche ces indignés espagnols ! ^^
     

  5. Bonjour,
    l’immeuble sur la photo est une vieille okupa qui a au moins 10 ans, visible depuis le parc Güell: rien à voir avec l’adresse fournie par l’article.
    Il reste d’ailleurs quelques anciennes okupas à Barcelone qui résistent encore et toujours et ont créé des universités libres ou des potagers pour les voisins. À ne pas confondre avec des squatteurs comme les dépeigne la presse.
    Les mouvements occupations d’immeubles vides par le mouvement 15M, à Madrid comme à Barcelone ou ailleurs en Espagne, depuis le début de l’hiver sont fréquents mais ont rarement du succès. Un immeuble occupé peut maintenant être vidé le jour même par les mossos d’esquadra (police catalane) ou la urbana (municipale) depuis la création d’une loi expresse il y a quelques mois. Ici, il n’y a pas de loi qui vous empêche d’expulser avant le printemps comme en France.
    Les propriétaires ont toujours raison même si dans de trop rares cas la loi a donné raison aux occupants indignés et de trop nombreux immeubles sont cellés pour ne pas être occupés à leur tour. N’oubliez pas le mouvement français Droit Au Logement qui agit pour que les logements vides soient attribués aux familles qui en ont besoin depuis plus de 10 ans.
    Oui soutenont les indignés de Barcelone à Bruxelles, et n’oubliez pas les français trop peu nombreux à agir pour occuper les places publiques ou les pages de la presse. Ne rien avoir inventer ne leur quitte aucunement la bonne intention.

    • interdit d’expulser avant le printemps??? tu parle! c’est bon pour les apolitiques ça. à paris les indignés de la défense ont investis un immeuble désaffecté… virés à chaque fois dans les trois jours au gaz. ça se passe maintenant, donc en hiver… et oui ^^ Si le mouvement des « indignés » qui je commence a bien connaitre en France, ne prend pas… c’est parce que la répression de la police est vraiment sauvage et intelligente. Ils cassent le mouvement dans toutes ses tentatives. dénigrent l’image des occupateurs en envoyant des indics clodo connards. détruisent toute installation en plein milieu de la nuit quand il n’y a pas de témoins. ETC. sans compter les coups.

  6. Un peu de justice enfin !

    La durée?

  7. RUY BLAS, survenant.
    Bon appétit, messieurs !
    Tous se retournent. Silence de surprise et d’inquiétude. Ruy Blas se couvre, croise les bras, et poursuit en les regardant en face.
    Ô ministres intègres !
    Conseillers vertueux ! Voilà votre façon
    De servir, serviteurs qui pillez la maison !
    Donc vous n’avez pas honte et vous choisissez l’heure,
    L’heure sombre où l’Espagne agonisante pleure !
    Donc vous n’avez ici pas d’autres intérêts
    Que remplir votre poche et vous enfuir après !
    Soyez flétris, devant votre pays qui tombe,
    Fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe !
    – Mais voyez, regardez, ayez quelque pudeur.
    L’Espagne et sa vertu, l’Espagne et sa grandeur,
    Tout s’en va. – nous avons, depuis Philippe Quatre,
    Perdu le Portugal, le Brésil, sans combattre ;
    En Alsace Brisach, Steinfort en Luxembourg ;
    Et toute la Comté jusqu’au dernier faubourg ;
    Le Roussillon, Ormuz, Goa, cinq mille lieues
    De côte, et Fernambouc, et les montagnes bleues !
    Mais voyez. – du ponant jusques à l’orient,
    L’Europe, qui vous hait, vous regarde en riant.
    Comme si votre roi n’était plus qu’un fantôme,
    La Hollande et l’Anglais partagent ce royaume ;
    Rome vous trompe ; il faut ne risquer qu’à demi
    Une armée en Piémont, quoique pays ami ;
    La Savoie et son duc sont pleins de précipices.
    La France pour vous prendre attend des jours propices.
    L’Autriche aussi vous guette. Et l’infant bavarois
    Se meurt, vous le savez. – quant à vos vice-rois,
    Médina, fou d’amour, emplit Naples d’esclandres,
    Vaudémont vend Milan, Leganez perd les Flandres.
    Quel remède à cela ? – l’État est indigent,
    L’état est épuisé de troupes et d’argent ;
    Nous avons sur la mer, où Dieu met ses colères,
    Perdu trois cents vaisseaux, sans compter les galères.
    Et vous osez ! … – messieurs, en vingt ans, songez-y,
    Le peuple, – j’en ai fait le compte, et c’est ainsi ! –
    Portant sa charge énorme et sous laquelle il ploie,
    Pour vous, pour vos plaisirs, pour vos filles de joie,
    Le peuple misérable, et qu’on pressure encor,
    A sué quatre cent trente millions d’or !
    Et ce n’est pas assez ! Et vous voulez, mes maîtres ! … –
    Ah ! J’ai honte pour vous ! – au dedans, routiers, reîtres,1
    Vont battant le pays et brûlant la moisson.
    L’escopette est braquée au coin de tout buisson.
    Comme si c’était peu de la guerre des princes,
    Guerre entre les couvents, guerre entre les provinces,
    Tous voulant dévorer leur voisin éperdu,
    Morsures d’affamés sur un vaisseau perdu !
    Notre église en ruine est pleine de couleuvres ;
    L’herbe y croît. Quant aux grands, des aïeux, mais pas d’oeuvres.
    Tout se fait par intrigue et rien par loyauté.
    L’Espagne est un égout où vient l’impureté
    De toute nation. – tout seigneur à ses gages
    À cent coupe-jarrets qui parlent cent langages.
    Génois, sardes, flamands, Babel est dans Madrid.
    L’alguazil 2, dur au pauvre, au riche s’attendrit.
    La nuit on assassine, et chacun crie: à l’aide !
    – Hier on m’a volé, moi, près du pont de Tolède ! –
    La moitié de Madrid pille l’autre moitié.
    Tous les juges vendus. Pas un soldat payé.
    Anciens vainqueurs du monde, Espagnols que nous sommes.
    Quelle armée avons-nous ? À peine six mille hommes,
    Qui vont pieds nus. Des gueux, des juifs, des montagnards,
    S’habillant d’une loque et s’armant de poignards.
    Aussi d’un régiment toute bande se double.
    Sitôt que la nuit tombe, il est une heure trouble
    Où le soldat douteux se transforme en larron.
    Matalobos 3 a plus de troupes qu’un baron.
    Un voleur fait chez lui la guerre au roi d’Espagne.
    Hélas ! Les paysans qui sont dans la campagne
    Insultent en passant la voiture du roi.
    Et lui, votre seigneur, plein de deuil et d’effroi,
    Seul, dans l’Escurial 4, avec les morts qu’il foule,
    Courbe son front pensif sur qui l’empire croule !
    – Voilà ! – l’Europe, hélas ! Écrase du talon
    Ce pays qui fut pourpre et n’est plus que haillon.
    L’état s’est ruiné dans ce siècle funeste,
    Et vous vous disputez à qui prendra le reste !
    Ce grand peuple espagnol aux membres énervés,
    Qui s’est couché dans l’ombre et sur qui vous vivez,
    Expire dans cet antre où son sort se termine,
    Triste comme un lion mangé par la vermine !
     
     
    Victor Hugo, Rhuy Blas.

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