Libération des ex-otages: «On a pris le minimum de risque possible»

Voilà qui devrait rassurer tout le monde, sur les assertions qui ont été faites .

Capture d'écran du discours, retransmis sur BFM TV, d'Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier devant les salariés de France Télévisions. 20MINUTES.FR

 

Les deux journalistes ont tenu à mettre «les points sur les « i »» au sujet des risques qu’ils sont accusés d’avoir pris…

Ils veulent mettre les choses au point. «Nous ne sommes pas allés affronter la face Nord de l’Everest en tongs», a lancé ce jeudi l’ancien otage Hervé Ghesquière, accompagné de Stéphane Taponier, lors de son discours devant les salariés de France Télévisions. Le journaliste a tenu à répondre à des propos, qu’il dit avoir entendus de la bouche de commentateurs à la télévision, au sujet d’une prise de risques inconsidérée de leur part.

Mais bien avant les experts invités sur les plateaux télé, le gouvernement avait déjà tancé les journalistes pour leur imprudence. Les qualifiant d’«inconscients» lors d’un conseil des ministres en janvier dernier, selon des propos rapportés par les médias, le chef de l’Etat avait jugé «insupportable de voir qu’on fait courir des risques à des militaires pour aller les chercher dans une zone dangereuse où ils avaient interdiction de se rendre.»

«Personne ne nous a rien dit, que cela soit clair»

Claude Guéant, alors secrétaire général de l’Elysée, avait de son côté blâmé sur Europe 1 l’«imprudence vraiment coupable» des deux reporters. «On n’est pas allé à l’aventurette, comme ça, pour risquer nos vies, mettre en péril des gens qui ont travaillé pour notre libération. Non», a asséné Hervé Ghesquière, le regard noir, quelques heures après avoir atterri sur le sol français. «Personne ne nous a rien dit, que cela soit clair», a-t-il affirmé à propos des risques encourus.

«On a juste voulu voir s’il y a une route, qui s’appelle l’axe Vermont, et si cette route est contrôlée par l’armée française, par l’armée afghane, par la police afghane, par les taliban ou par personne. A priori par personne, ni à l’époque, ni encore aujourd’hui», a raconté Hervé Ghesquière. «On n’a pas eu de chance. On était bien préparés, on a pris le minimum de risque possible. On a été vendus à un check-point, infiltrés par un informateur taliban et on a été interceptés vingt kilomètres plus loin», a détaillé le journaliste.

«Il faut aussi qu’on ait un autre point de vue»

«Je voulais vraiment être clair là-dessus, parce qu’il y a beaucoup de polémiques, beaucoup de choses dites», a souligné Hervé Ghesquière. «C’est important de mettre les point sur les « i »». «Il ne faut pas toujours être avec l’armée française, avec l’armée américaine, il ne faut pas toujours être « embedded ». Il faut aussi qu’on ait un autre point de vue. Un autre point de vue, c’est aller là où on est allés et où plein d’autres journalistes vont», a-t-il estimé.

Partis en Afghanistan réaliser un reportage pour le magazine Pièces à conviction, Stéphane Taponier, 46 ans, et Hervé Ghesquière, 47 ans, avaient été enlevés le 29 décembre 2009 avec leurs accompagnateurs dans la vallée de la Kapisa, au nord-est de Kaboul. Hervé Ghesquière a déclaré qu’il éprouvait «plus que jamais» l’envie de faire son métier et que les journalistes se devaient d’aller en Irak ou en Afghanistan, zones de conflit à risque.

Source 20minutes/voir la vidéo

Un commentaire

  • nico

    n’empeche que pour des mecs qui ont ete retenus en otage depuis 1an et demi par des terroristes taliban dans des « conditions difficiles » je les trouve plutot en forme…