"The big fix", le film sur la marée noire dans le golfe du Mexique.

Un film coup de poing qui je l’espère sera non seulement aussi percutant que ne l’était Gasland, le film sur le gaz de schiste, mais également qu’il nous dira tout, tout, tout! Le corexit qui a contaminé la population, les maladies liées, l’huile contenue dans le sang de ces même populations, les mensonges, les dessous de table, etc… A surveiller de près!

Espérons qu’il sera présenté largement sur nos écrans…

Le film qui expose la plus grande dissimulation environnementale au monde

Je me suis rendu en France le week-end dernier pour assister à la première mondiale à grand battage du documentaire sur la marée noire de BP, The Big Fix (Fix signifie « pétrin » ou « trucage », les deux reflètent bien le problème, NdT) au Festival de Cannes. Je ne pourrai en faire assez de louanges. C’est un travail brillant, au-delà de toute médiatisation et attente. Le public a été complètement fasciné, autant par la technique cinématographique stupéfiante que de la preuve à couper le souffle que la marée BP a impliqué une opération de camouflage aux plus hauts niveaux de l’industrie, des militaires et de l’administration Obama.

C’est cette cabale – décrite au mieux comme «complexe pétroléo-militaro-industriel » – qui fait des ravages partout dans le monde et empoisonnant les gens et l’environnement, qui est décrite avec la marée noire de BP.

Le film, réalisé par Josh Tickell et sa femme Rebecca, révèle nos pires craintes et nos plus grands soupçons: que les grands pétroliers, depuis les jours sombres entourant l’assassinat de Huey Long, ont perpétré une dissimulation totale de leurs pouvoirs et influences et causé d’énormes dommages à travers le monde.

The Big Fix expose certains des meilleurs secrets bien gardés de BP à propos du Deep Water Horizon, comme l’utilisation continue d’un bombardement de Corexit depuis un an; l’imposture derrière les tests gouvernementaux d’ingestion pour les fruits de mer du Golfe, le fait que BP est l’un des plus grands fournisseurs de carburant de l’armée américaine, et que le pétrole fuit toujours du puits Macondo.

Pour justifier les allégations du film, M. Tickell et son équipe rassemblent et documentent le travail de la plupart des héros et des militants de l’environnement que nous avons couvert sur ce blog depuis le début de la marée noire, comme le biologiste marin Riki Ott, le dénonciateur de l’agence de protection de l’environnement Hugh Kaufman, Kindra Arnesen la révoltée et la toxicologue marine Susan Shaw. J’ai vu exposée dans le film ma critique du programme gouvernemental truqué des tests d’ingestion de fruits de mer. Et je continue de croire fermement que certains produits de la mer sortis du golfe du Mexique aujourd’hui sont impropres à la consommation humaine.

La plus grosse bombe du film se centre sur la mort suspecte d’un expert du pétrole et fondateur de l’Ocean Energy Institute, Matt Simmons, qui s’est noyé dans son bain à remous à sa résidence de vacances de North Haven, dans le Maine, le 8 août 2010 moins d’un mois après avoir publiquement indiqué que le nombre de décès par la marée noire de BP serait incroyablement élevé. M. Simmons a averti que des dizaines de millions de résidents du Golfe devraient être évacués pour éviter de nombreux décès et maladies. Il a qualifié la marée noire du Golfe comme « la plus grande dissimulation environnementale de tous les temps», et dit à plusieurs reprises au plus fort de la catas catastrophe que « nous avons d’ores et déjà tué le golfe du Mexique ».

« L’appel à l’action » du film est à la fois puissant et noble : ce n’est que par une unité sans précédent et un activisme qu’on peut mettre fin à l’impact dévastateur que les grands pétroliers possèdent sur la planète et ses habitants.

Ayant été en première ligne de la marée noire depuis le début et en tant qu’avocat qui a plaidé contre les grands pétroliers depuis plus de 20 ans, je crois que The Big Fix est le film le plus important de l’année, et je vous exhorte tous à aller le voir. Je serais choqué s’il n’était pas nommé aux Academy Award.

Je respecte et admire les Tickells, qui ont pris un grand risque en produisant le film. Pour ceux d’entre nous qui ont fait l’œuvre de leur vie d’exposer les maux des grands pétroliers, nous comprenons les dangers inhérents à notre choix de carrière. L’inconfort que M. Tickell et son équipe apportent à l’industrie est du genre que vous ne pouvez pas facilement écarter, et l’industrie du pétrole le sait. Et ce n’est pas la première fois que Tickell a porté un camouflet aux grands pétroliers. Il a également dirigé le film Fuel, qui sonde l’influence et l’impact des grands pétroliers sur la vie des gens et propose des solutions à notre dépendance au pétrole. Il a gagné le prix du meilleur documentaire au festival de films de Sundance en 2008.

M.et Mme Tickell, continuez ce bon travail. Nous vous félicitons.

En conclusion, je souhaite à Mme Tickell le meilleur dans le traitement de sa propre maladie liée à la marée noire – intoxiquée par le mélange pétrole-Corexit et sa photosensibilisation grave et permanente de la peau de sa poitrine.

Source: Noxmail.us

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