Séismes en Espagne: des milliers de sans-abri, les campements s'installent…

La situation ne s’améliore malheureusement pas et quelques précisions sont indispensables pour bien comprendre ce qu’ils vivent à l’heure actuelle. Bien sur les séismes n’ont pas atteint la violence de ceux au Japon mais les dégâts sont là et une partie de la population est au plus mal.

Séisme en Espagne: des milliers de sans-abri, les campements s'installent_1Des habitants de Lorca en attente de distribution de nourriture le 12 mai 2011 pour dans les rues de la ville

Les secouristes installaient jeudi des camps de tentes pour héberger des milliers de rescapés à Lorca, dans le sud-est de l’Espagne, au lendemain du séisme qui a fait neuf morts et endommagé de nombreuses maisons de cette ville ancienne.

Quelques bâtiments se sont effondrés dans le centre historique, ceint de murailles, mais, surtout, de très nombreuses maisons se sont fissurées, menaçant de s’écrouler sous l’effet des répliques.

Jeudi, les secouristes de l’armée et de la Croix-Rouge montaient des tentes en espérant pouvoir héberger au moins 2.500 personnes dans trois camps, a expliqué Jose Miguel Rebollo, un représentant de la Croix-Rouge locale.

Six tentes de l’armée, d’une vingtaine de place chacune, et 13 autres de la Croix-Rouge étaient déjà dressées sur la place du marché.

Environ 15.000 personnes, selon la Croix-Rouge, ont été jetées à la rue par le séisme de magnitude 5,1, qui a fait neuf morts et environ 130 blessés.

20.000 bâtiments, certains datant des 16e et 17e siècles, ont été endommagés dans cette ville de 92.700 habitants située en zone sismique, dont l’histoire remonte à plus de 2.000 ans. 80% des constructions ont subi des dégâts, selon le maire Francisco Jodar.

« Personne n’attendait un tremblement de terre aussi fort ici », confiait Francisco Hernandez, un chômeur de 47 ans. « Maintenant nous avons peur que cela recommence ».

De nombreux habitants, après une première nuit dehors, n’osaient pas rentrer dans leurs maisons aux murs lézardés, et des files d’attente se formaient aux abords des tentes.

Des centaines de personnes, sous un chaud soleil, attendaient aussi de recevoir de l’aide, emportant de petites boîtes renfermant des boissons réhydratantes, des barres de céréales et de l’eau.

Le séisme, le plus meurtrier en Espagne depuis 1956, a précipité au sol des façades anciennes, des corniches, et même le clocher de l’église San Diego, datant du 17ème siècle, dont l’énorme cloche de bronze gisait au milieu des gravats.

Une fois les décombres déblayés, des experts devront évaluer les dégâts, et coller des étiquettes rouge ou vertes sur les portes des maisons, selon qu’elles présentent ou non un danger.

La Croix-Rouge a distribué jeudi 10.500 couvertures, de la nourriture, de l’eau et 2.000 lits pliants. Elle a mobilisé 24 ambulances et installé trois hôpitaux de campagne, les deux hôpitaux de la ville ayant été évacués.

Le gouvernement a mobilisé 800 militaires et policiers pour organiser les secours, a annoncé le chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, attendu vendredi à Lorca où se dérouleront les obsèques des victimes en présence du prince Felipe et de son épouse Letizia.

Plus de 370 tentes de l’armée, 140 véhicules militaires et un hôpital de campagne ont été envoyés, a-t-il ajouté, soulignant que les dommages subis par les bâtiments et le réseau d’eau étaient « considérables ».

L’épicentre du séisme a été localisé près de Lorca, une ville à environ 70 kilomètres au sud-ouest de Murcie, sur une faille importante, la faille Alhama de Murcia, et dans une des régions de la péninsule ibérique où le risque sismique est le plus élevé.

Le 28 février, le président du collège des géologues espagnols, Luis Suarez, avait prévenu qu’un tremblement de terre destructeur risquait de survenir « dans un avenir pas très éloigné » dans cette région.

A Lorca, certains savaient qu’ils vivaient dans une zone à risque, sans trop y croire.

« Nous savons que nous habitons près d’une faille mais nous n’avions jamais pensé que cela nous arriverait », confiait Pepe Tomas, 56 ans, infirmier qui a toujours vécu là.

Le séisme, ressenti dans tout le sud de l’Espagne, est le plus meurtrier dans le pays depuis celui du 19 avril 1956, qui avait fait 11 morts et plus de 70 blessés dans la région de Grenade, en Andalousie.

Source: nicematin.com