Les Amis de la Terre….

Il n’a rien compris cet individu, la guerre contre la nature, c’est l’humain!! qui c’est cru tout puissant qui l’a déclarée, le réveil est difficile pour les imbéciles, qui en plus de sortir des âneries, fuient leurs responsabilités.

Luc Ferry

La phrase ressemble à un bibelot empoussiéré dans un salon bourgeois : « La nature, aujourd’hui encore, demeure notre principale ennemie. »

Ces mots n’ont cependant pas été écrits par un vaillant scientiste du XIXe siècle, mais par Luc Ferry dans Le Figaro du 31 mars.

Au sein du système oligarchique, Luc Ferry assure, avec d’autres, la fonction de donner un vernis intellectuel à l’impératif de maintien de l’ordre social actuel.

On l’a ainsi vu valider le climato-scepticisme de son ami Claude Allègre ou déclarer qu’il préférait Marine Le Pen à Olivier Besancenot.

Donc, à propos de Fukushima, « la nature demeure notre principale ennemie ».

L’assertion oublie qu’il est étrange de bâtir des centrales nucléaires dans des zones sismiques, néglige que la compagnie Tepco a falsifié des informations importantes depuis 2002, ignore que les leçons de l’accident sismique sur la centrale de Kashiwazaki en 2007 n’ont pas été tirées.

Bref, il n’y a pas de dommage causé par la « nature » indépendamment des actions humaines qui le préparent.

C’est même un lieu commun depuis une dizaine d’années de caractériser le risque « naturel » comme une combinaison entre un aléa et la vulnérabilité.

Mais le plus intéressant dans cette conception de la nature comme ennemie est qu’elle exprime le clivage fondamental entre les conservateurs et la pensée écologiste.

Pour celle-ci, le dualisme occidental entre nature et culture a perdu sa pertinence pour décrire le monde, en raison de la puissance de l’action humaine.

Ce constat a d’abord été formulé par Hans Jonas, dans Le Principe responsabilité paru en 1979 : l’agir humain peut maintenant transformer la nature, qui, de ce fait, perd son autonomie ancestrale.

Sous un angle différent, James Lovelock, avec sa théorie de Gaïa – également publiée en 1979 -, estime que l’humanité, en interagissant avec la biosphère, modifie le comportement de celle-ci.

La capacité transformatrice de l’humanité développée par la révolution industrielle a été ensuite traduite sous le terme d' »anthropocène » : des scientifiques jugent que nous sommes entrés dans cette nouvelle ère, où l’humanité est elle-même devenue un agent géologique.

Selon les écologistes, l’humain a remporté la guerre qu’il a cru mener contre la nature, et sa victoire le met maintenant lui-même en péril : il a trop affaibli celle-là même dont dépend sa survie.

Il nous faut rétablir avec la biosphère une relation pacifiée et symbiotique. Ceux qui se croient en guerre avec la nature accroissent le danger.

L’avenir appartient aux amis de la Terre.

Un article de Hervé Kempf , publié par Le Monde relayé par terresacree.org

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