Premières mesures d’austérité en France : vers une « hellénisation » des politiques économiques

« Je vais bien, tout va bien!  » Cela pourrait résumé la situation française suivant qui on écoute, mais derrière les apparences se cache parfois de bien mauvaises nouvelles, en clair, c’est pas la joie et les signes ne sont pas vraiment encourageants…

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Chers amis attachez vos ceintures, décollage immédiat pour le coup d’envoi des plans d’austérité à la française !

Avant toute chose, j’ai la ferme intention de dézinguer cette proposition insidieuse que j’ai n’ai pas encore eu le loisir de commenter.

Rappelez-vous : le ministre français du Budget François Baroin a évoqué aujourd’hui la création prochaine d’un mécanisme pour pousser les entreprises à lier le versement de dividendes à celui d’une prime exceptionnelle pour leurs salariés d’un montant d’ »au moins 1000 euros ». (Lire l’article ici)

Evidemment, tollé dans les rangs du MEDEF, mais croyez bien que cela n’est strictement que du théâtre, pour la simple et bonne raison que le gouvernement s’est bien gardé de s’attaquer au fond du problème sur cette question. En effet, lisez bien, nous parlons ici de prime exceptionnelle liée au versement des dividendes pour les salariés. C’est vrai, cela aurait été trop simple de procéder à un nouveau partage des richesse via les conventions collectives ou même la loi pour AUGMENTER LES SALAIRES et inscrire cette mesure « pro-pouvoir d’achat » (un peu comme le panier de la ménagère à 20 euros inaccessible aux plus nécessiteux) dans le marbre.

C’est clair que cela aurait été tellement idiot d’inscrire  une augmentation de l’argent, des sous, que l’on verse aux salariés structurellement et non pas conjoncturellement, les financiers et grands patrons vont réellement avoir de quoi se réjouir, très clairement, tant on les préserve une nouvelle fois d’une véritable redistribution, qui a de la gueule et passez moi l’expression, des couilles.

Vous me direz, c’est toujours mieux que rien du tout, mais une fois de plus on passe à côté du vrai sujet, et c’est plus qu’exaspérant.

Pour revenir au véritable sujet, voici ce qu’il est possible de lire dans les Echos : François Baroin, ministre du Budget, et Georges Tron (Fonction publique) reçoivent demain les syndicats pour le « rendez-vous salarial » annuel de la fonction publique. Il se limitera à cette unique journée. Il n’en faudra pas plus faute de grain à moudre : selon nos informations, Bercy va annoncer la poursuite en 2012 du gel du point d’indice (base de calcul du salaire des agents), déjà acté pour 2011. Une ultime réunion interministérielle est prévue ce soir mais une rallonge de dernière minute est très peu probable d’après plusieurs proches du dossier. Lors des discussions salariales triennales de juillet dernier, le gouvernement avait déjà indiqué que le gel annoncé pour 2011 serait prolongé en 2012 à moins d’un redressement spectaculaire des comptes de l’Etat. En dépit de la grogne sociale liée aux tensions inflationnistes, cette ligne de fermeté reste de mise. « On ne dispose toujours pas des marges de manoeuvre. L’impératif absolu reste la maîtrise des comptes », indiquait, le 31 mars, Georges Tron en marge de l’annonce de l’agenda social. « Le contexte n’a pas changé depuis », commente-t-on à l’Elysée. (Lire l’article ici)

Voilà comment on fait techniquement baisser le traitement des fonctionnaires sans le dire. Certes le petit chiffre sur la feuille à la fin du mois reste le même, mais dans les faits, c’est une perte sèche pour les fonctionnaires (qui représentent énormément d’emplois dans le pays, c’est le principe quand on a  un Etat digne de ce nom) et dont certains sont armés quand ils sont policiers, gendarmes ou militaires, je tiens quand même un peu à le rappeler.

Ceci montre que la situation est mauvaise, bien plus mauvaise qu’on veut nous le faire croire, on peut estimer que les agences de notation s’attaqueront à la France dès les élections présidentielles passées, si elles ont ce tact, même si l’exemple du Portugal nous à montrer que les financiers n’ont strictement rien à faire de la situation politique des pays. Regardez aussi en Grèce où les batailles rangées entre manifestants et policiers sont désormais quasiment du ressort du quotidien.

Source: larbreaufaucon.wordpress.com