La privatisation de la sécurité sociale est à nos portes

Voici une interview très intéressante du Docteur Boukris dans laquelle il aborde le sujet ô combien délicat de la privatisation de la sécurité sociale avec les lecteurs du journal métro, entre autres sujets polémiques. Bientôt se soigner deviendra un challenge, la médecine est devenue une histoire de gros sous, juste cela, Sarkozy en est un des banquiers!

Le docteur Sauveur Boukris   

Le docteur Sauveur Boukris

Bonjour à tous, je suis à votre écoute et à votre disposition pour répondre à toutes vos questions ou vos remarques.

Soph : Bonjour. Quel est votre quotidien ? La situation a t-elle changé, évolué depuis quelques années ? Quel constat sur le terrain.
Je constate que depuis quelques années la situation sociale se dégrade, et que les malades ne peuvent plus se soigner comme avant. A juste titre, ils considèrent que le déremboursement de certain médicaments, la réduction du taux de remboursement, les franchises médicales de 1€ par consultation et 50 cts par boites de médicament, l’augmentation du forfait hospitalier, toutes ces mesures sont vécues comme une régression sociale et ils ont la conviction que en matière de santé, les inégalités sociales se sont accrues. Mon livre a cherché à décrire cette situation et à montrer que les malades sont les grands perdants du système.

Ladiva : Bonjour docteur Boukris, dans votre livre vous parlez de « l’imposture des génériques », pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le pourquoi cette imposture et comment elle peut être « validée » par les laboratoires ?
C’est une imposture, parce qu’on veut nous faire croire que les médicaments génériques sont équivalents aux molécules originales. Or c’est faux, non seulement la forme, le goût du comprimé changent mais plus grave il existe des excipients différents qui peuvent entrainer des effets secondaires. Enfin, plus grave la biodisponibilté des médicaments génériques peut varier de – 20% à + 20 % , en toute légalité, ce qui entraine une efficacité différente, par conséquent tout les génériques ne sont pas équivalents en terme d’efficacité et de sécurité. On dispose de nombreux témoignages de patients, sur l’utilisation des génériques. Dans mon livre, je dénonce cette utilisation abusive des génériques. Peut-être est-ce un nouveau scandale sanitaire.

Nina : Le projet de loi « Immigration, intégration et nationalité » va remettre en cause le droit permettant à des étrangers résidant en France et gravement malades d’obtenir un titre de séjour temporaire pour être soignés en France. Dans un amendement, ce projet de loi propose de remplacer la notion d’accès effectif aux traitements et aux soins dans le pays d’origine du patient, par la « disponibilité des traitements ». Qu’en pensez vous ? Les étrangers ne pourront-ils bientôt plus venir se soigner en France ?
Cette question est davantage un problème d’accueil des étrangers en France . Pour nous médecins, la santé est un droit et soigner est un devoir. L’étique médicale est de ne faire aucune discrimination, ni de nationalité, ni de religion, ni de classe sociale, pour soigner les malades. Notre première question est : quelle est votre souffrance ?

Flo : Les complémentaires santé, n’est-ce pas la privatisation de la sécu voulue par Sarkozy ?
Absolument, je suis d’accord avec vous, la dérive vers les complémentaires santé, ne pourra qu’accentuer les inégalités d’accès aux soins et les cotisations de complémentaires santé seront proportionnelles à vos maladies. Alors actuel, plus de 5 millions de Français renoncent aux soins faute de mutuelle ou de complémentaire santé. C’est la privatisation rampante de la Sécurité Sociale, c’est la démolition programmée de notre système de santé. Il faut résister à cette évolution.

Elvi : Est-on vraiment en train de passer à une médecine comme celle des Etats-Unis, une pour les pauvres ou pour les riches ?
Malheureusement, c’est déjà le cas et le processus est enclenché. Les patients ont beaucoup de difficultés à aller consulter des spécialistes de secteur 2, à honoraires libres. En tant que médecin, cela me choque, il faut encadrer ou limiter les honoraires du secteur 2. Par ailleurs, les difficultés d’accès aux soins d’aujourd’hui vont faire apparaitre des maladies ou des complications plus graves demain. Paradoxalement, au moment où Barak OBAMA, cherche à faire évoluer son système de santé vers un système « à la française », nous, en France, nous allons vers un système « à l’américaine ».

Ivrel : D’où vient cette surconsommation des français pour les médicaments ?
Tout le monde est responsable! Les patients qui considèrent qu’un « bon » médecin, est celui qui prescrit beaucoup de médicaments. Le patient pense aussi, que face à un symptôme la seule solution possible est médicamenteuse. En second lieu, les médecins français prescrivent davantage que leurs collègues européens, toute classe thérapeutique confondue et ils prescrivent davantage des médicaments nouveaux et coûteux. Troisièmement, l’industrie pharmaceutique a tendance à pousser à la consommation en faisant pression sur les médecins (visites médicales, marketing, etc). En dernier lieu, les autorités de santé contribuent aussi à cette surconsommation en ne faisant pas la promotion des alternatives thérapeutiques ou de l’éducation thérapeutique, comme une alimentation moins riche en sel,en sucre, promotion des activités sportives et des centres de sport, lutter contre la sédentarité, etc. Cette surconsommation coûte très cher à la collectivité.

Lolo : On a de plus en plus de mal à trouver des médecins conventionnés, la plupart sont en secteur 2, c’est légal ?
Malheureusement, oui c’est légal, encore que les nouveaux médecins ont de plus en plus de mal à s’installer en secteur 2, sauf si ils sont chefs de cliniques. La création du secteur 2 dans les années 90 a été » un beau cadeau » pour les médecins libéraux qui ont pu augmenter leurs honoraires et développer leur chiffre d’affaire. Mais cette mesure a crée, là encore, un fossé entre ceux qui peuvent payer et les autres et a accentué les inégalités. Dans mon livre, je parle de deux réformes désastreuses, pour les malades: le numérus clausus et les honoraires libres.

Blanco : Les profits de l’industrie pharmaceutique se font-ils sur le dos du malade ?
En effet, il y a un système de vase communiquant : le déficit de la Sécurité Sociale est concomitant aux profits colossaux des firmes pharmaceutiques. Pendant des années, l’industrie pharmaceutique a profité des taux élevés de remboursement par la Sécurité Sociale et de la consommation médicale des patients. Aujourd’hui, les firmes pharmaceutiques investissent beaucoup dans la recherche de médicaments pour les maladies graves, (cancer, sida, hépatites, etc), car ce sont des maladies remboursées à 100 % et dont les thérapeutiques sont de longue durée et fort coûteuses.

Lolo : Avec l’application de la loi Bachelot, où vont donc aller les patients jugés non rentables ?
C’est un risque réel. Si les compagnies privées d’assurance gèrent l’assurance maladie, il y a un fort risque de sélection des patients. Elles vont sélectionner les « bons » risques, c’est à dire les malades rentables, au détriment des « mauvais » risques, c’est à dire les malades non rentables qui seront exclus du système. Par ailleurs la loi Bachelot HPST (Hôpital, patient, santé et territoire) va donner plein pouvoir aux Préfets sanitaires, nommés en conseil des ministres, dont la mission est d’évaluer les besoins de santé d’une région ou d’une ville. On peut imaginer, que les critères de sélection seront davantage administratifs et bureaucratiques, que dans l’intérêt de la population. Là encore il faut être vigilant, car lorsque la bureaucratie avance, l’humanisme recule. Et je pense que la pire des injustices est celle liée à la santé.

Un dernier mot Sauver Boukris ?
Merci pour toutes ces questions, soyez vigilants la privatisation de la Sécurité Sociale est à nos portes. Luttons contre le bourrage de crâne et le conditionnement des idées. Mon livre alerte les Français contre la dégradation de notre système de santé avec au final des inégalités sociales de plus en plus criantes. La santé est un droit universel indépendant du niveau de richesse.

Sauveur Boukris est médecin généraliste, enseignant à la faculté Bichat et Lariboisière Il est l’auteur de plusieurs ouvrages : Mieux vivre après 60 ans, L’Adolescence, l’âge des tempêtes (Hachette), Souffrances d’adolescents et L’Adolescence de A à Z (J. Grancher) et « Santé: la démolition programmée » ( Le Cherche-Midi)

Source: metrofrance.com

  • nico

    sur ce sujet je vous conseil de faire des recherche sur l’A.G.C.S de l’OMC (organisation mondial du commerce), qui a remplace le projet AMI
    site informatif sur l’AGCS
    http://agcs.free.fr/

    http://www.syti.net/AGCS.html

  • Je signale toutefois qu’il m’a été impossible de joindre la dame qui a écrit la message, on va donc le prendre avec les réserves d’usage………..
    Mais ayant déjà entendu parler de l’état qui ne paie pas ses dettes, des gros industriels qui font du chantage au chômage, si on les obligeaient à payer leurs cotisations etc ..j’ai pensé qu’il y avait beaucoup de vérités dans ce message..

    La sécu n’est pas en déficit mais en excédent…. 50
    > > > > > secondes pour comprendre pourquoi.
    > > > > > Depuis le temps qu’on bouche le trou de la sécu …..
    > > > > > Il faut à Evelyne DUBIN, la signataire de ce document une bonne dose de courage pour avoir écrit ce texte en se nommant (voir la fin du texte).
    > > > > > A TRANSFERER AUTANT DE FOIS QUE
    > > > > > VOUS POUVEZ !!!!!!!
    > > > > > L’ASSURANCE MALADIE
    > > > > > 50 secondes de lecture à couper le souffle. Pour
    > > > > > combler le déficit de la sécu, nos chers
    > > > > > gouvernants ont trouvé que le mieux, c’était
    > > > > > encore de nous faire payer…
    > > > > > a -¬ Dorénavant, sur une consultation médicale,
    > > > > > nous versons 1 euro.
    > > > > > b -¬ Nous sommes restreints lors de nos arrêts
    > > > > > maladie …
    > > > > > c -¬ Nous devons consulter un généraliste avant
    > > > > > de voir un spécialiste …
    > > > > > d -¬ Pour tout traitement de plus de 91 euros,
    > > > > > nous en sommes de 18 euros de notre poche.
    > > > > > e -¬ Taxe de 0,50c sur les boites..
    > > > > > f -¬ etc…….
    > > > > > Toutes ces mesures sont destinées à combler le
    > > > > > fameux trou qui est à ce jour de 11 milliards.
    > > > > > Or, savez-¬vous que :
    > > > > > 1) Une partie des taxes sur le tabac destinée à
    > > > > > la Sécu, n’est pas reversée : 7,8 milliards.
    > > > > > 2) Une partie des taxes sur l’alcool, destinée à
    > > > > > la Sécu, n’est pas reversée : 3,5 milliards.
    > > > > > 3) Une partie des primes d’assurances
    > > > > > automobiles destinée à la Sécu, n’est pas
    > > > > > reversée : 1,6 milliard.
    > > > > > 4) La taxe sur les industries polluantes destinée
    > > > > > à la Sécu, n’est pas reversée : 1,2 milliard.
    > > > > > 5) La part de TVA destinée à la Sécu n’est pas
    > > > > > reversée : 2 milliards.
    > > > > > 6) Retard de paiement à la Sécu pour les
    > > > > > contrats aidés : 2,1 milliards.
    > > > > > 7) Retard de paiement par les entreprises : 1,9
    > > > > > milliard.
    > > > > > En faisant une bête addition, on arrive au
    > > > > > chiffre de 20 milliards d’euros.
    > > > > > Conclusion : si les responsables de la Sécu
    > > > > > et nos gouvernants faisaient leur boulot
    > > > > > efficacement et honnêtement, si chacune
    > > > > > des institutions reversait ce qu’elle doit
    > > > > > chaque année, les prétendus 11 milliards
    > > > > > de trou seraient aujourd’hui 9 milliards
    > > > > > d’excédent !!!!
    > > > > > Ces chiffres ne sont pas inventés ;; vous
    > > > > > pouvez les consulter sur le site de la sécu ;;
    > > > > > ils sont issus du rapport des comptes de la
    > > > > > Sécu. Si les pouvoirs publics, qui nous
    > > > > > harcèlent au quotidien de messages
    > > > > > publicitaires afin de consommer des fruits
    > > > > > et légumes, étaient vraiment convaincus
    > > > > > qu’il nous faut consommer 5 fruits et
    > > > > > légumes par jour pour sauver notre santé
    > > > > > et donc l’assurance maladie,
    > > > > > ils supprimeraient la TVA sur ces produits
    > > > > > !
    > > > > > N’oubliez pas d’avoir une petite pensée
    > > > > > sur l’achat, à la hâte, des 90 Millions de
    > > > > > doses de Tamiflu par le ministère de la
    > > > > > santé publique, quand on sait que la grippe
    > > > > > A n’est pas plus mortelle et dangereuse
    > > > > > pour vous et moi que la grippe saisonnière
    > > > > > classique. Hélas on ne peut en dire autant
    > > > > > des dommages collatéraux potentiels qui
    > > > > > existent réellement dans les adjuvants que
    > > > > > contiennent les vaccins !!! Quel sera le coût
    > > > > > de cette opération, que la sécu va
    > > > > > supporter une nouvelle fois, lorsque le
    > > > > > gouvernement sera décidé à dédramatiser
    > > > > > la situation !!!
    > > > > > Cordialement.
    > > > > > Evelyne DUBIN Secrétaire Générale Adjointe
    > > > > > au Directeur Général
    > > > > > Institut National du Développement Local
    > > > > > Avenue Michel Serres BP 32
    > > > > > 47901 AGEN Cedex 9
    > > > > > tél : 05.53.48.06. 74
    > > > > > fax : 05.53.48.06. 71
    > > > > > mob: 06.72.19.53. 50
    > > > > > mail: e.dubin@indl. fr
    > > > > > VOUS AUSSI, SOYEZ RESPONSABLES
    > > > > > : TRANSFEREZ CE MESSAGE A TOUS VOS
    > > > > > CONTACTS, ILS ONT LE DROIT DE SAVOIR
    > > > > > !!!
    > > > > > A force de tourner, il s’affichera peut-¬être
    > > > > > un jour sur l’écran d’ordinateur d’une tête
    > > > > > pensante, d’un député, d’un
    > > > > > ministre censé passer son temps à gérer
    > > > > > l’argent des contribuables et à le dépenser
    > > > > > de manière responsable, sans créer de
    > > > > > déficit. Alors, avec courage, il pourra
    > > > > > (pourquoi pas ne pas rêver…) dénoncer au
    > > > > > parlement ces débordements connus,
    > > > > > aujourd’hui, de toutes et tous !!!