Bugarach connaît un pic d'illuminés

Pour les cartésiens, cette info est synonyme de « bizarrerie », ceux qui s’intéressent à l’étrange, et qui connaissent le mont Bugarach et ses mystères, ne seront pas surpris! Qu’en pensez vous?

Le village de Bugarach, dans l'Aude. C. DELBOURGC. DELBOURG

Ce village attire les apocalyptiques, persuadés qu’il sera épargné par la fin du monde…

Même le New York Times s’est déplacé jusqu’à Bugarach. Pas pour ses paysans pauvres et la nature sauvage des Corbières. Plutôt pour le surnaturel qui baigne le majestueux pic de calcaire autour duquel tournent régulièrement des priants brandissant des images religieuses. «Il y a parfois des processions de 200 à 300 personnes, des baptêmes dans le lac. J’ai retrouvé le long du pic des statues de la Vierge avec des offrandes», confie le maire, Jean-Pierre Delord.

Depuis quelques mois, le village de l’Aude attire des apocalyptiques. Persuadés que la fin du monde prévue par leur calendrier maya [comme dans le film 2012], le 21 décembre 2012, épargnera cette commune, ils se sont passé le mot sur le Net. Des groupes de Français, venus pour un «stage spirituel», campent. Des Suisses louent des chambres d’hôtel.


«Des tenues bizarroïdes»

«On en repère certains qui ont des tenues bizarroïdes. Mais il n’y a pour l’instant aucun problème d’ordre public. Après tout, c’est une forme de tourisme et une manne pour l’économie locale», poursuit le maire qui a cent lits et un camping disponibles sur la commune. Reste une énigme: pourquoi Bugarach? La région agite les illuminés et ésotériques en tout genre depuis des siècles. Comme les chercheurs de trésor qui arpentent les chemins, convaincus que l’abbé Saunière, curé de Rennes-Le-Château, devenu riche du jour au lendemain, y a planqué le trésor des Templiers (ou des Cathares, ou de Blanche de Castille). A l’époque du new-age, les ufologues décrivent ici l’existence d’une base d’ovnis souterraine, que Dan Brown évoque dans son Da Vinci Code.

Les gendarmes surveillent ces rassemblements. La DST aussi. «Nous gardons un œil sur ce qui se passe là-bas de très près, explique Georges Fenech, de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. Il y a un risque de dérive sectaire à ces mouvements apocalyptiques. Certains ont déjà construit des bunkers dans la région.» Au village, on redoute de voir déferler, le 21 décembre 2012, des milliers de personnes, peut-être incontrôlables.
Matthieu Goar

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