L’Attila de la République!

Près de 4 longues années se sont écoulées depuis l’accession au poste suprême de Nicolas Sarközi.

Force est de constater, qu’à l’instar du roi des Huns, c’est un désert social qu’il laisse derrière lui.

4 mois après son intronisation, la dette de la France atteignait 1 216,4 milliards d’euros, ce qui représente un niveau record de 66,6% du PIB. lien

3 ans après, en mai 2010, la dette atteint un nouveau record de 1600 milliards d’euros, et si l’on trace une courbe prévisionnelle, elle sera de 100% du PIB en 2013. lien

Ces 1600 milliards d’euros représentent pour chaque français une ardoise de 26 000 euros.

Question chômage, ce n’est guère mieux : en 2007 le taux de chômeurs est de 6,8% (lien), en 2010, il est passé à 9,3%.

La cour des comptes dénonce en vain les dépenses excessives de l’Etat :

De l’Airbus présidentiel, équipé d’une cafetière qui a couté près de 25 000 euros, (lien) d’un four à pizza, un centre médical, douche, pour une facture totale de 176 000 € au diner pour la méditerranée qui a couté 5050 euros (lien) pour le repas de chaque invité, ce luxe tapageur donne un bien vilaine image de notre république.

Ajoutons que pendant les 6 mois de la présidence française à l’Union Européenne, la France a dépensé 1 million d’euros par jour.


Pour la santé, ce n’est pas plus brillant, puisqu’outre les suppressions de postes dans les hôpitaux, rendant les services moins performants, et incitant ceux qui en ont les moyens à se tourner vers les cliniques privées, on sait depuis juillet 2010 que 54 hôpitaux sont menacés de fermetures. Lien

Leur liste est sur ce lien.

La hausse du forfait hospitalier de 2€ par jour, et le remboursement de seulement 15% de certains médicaments aggravent la situation.

D’après L’IRDES (institut de recherche et documentation en économie de la santé) le pourcentage des médicaments moins bien remboursés est en augmentation de 20%. lien

Les 2 milliards gaspillés par Roselyne Bachelot pour une pandémie illusoire n’ont rien arrangé. lien

Ce qui a bien sur des répercussions sur la sécurité sociale qui n’avait pas besoin de çà.

Du coup les patients sont de plus en plus nombreux à renoncer aux soins.

Ce qui fait les choux gras des mutuelles complémentaires qui voient le nombre de leurs adhérents s’accélérer, malgré l’augmentation de leurs cotisations. lien

Encore faut-il en avoir les moyens.

Le désert social progresse aussi dans le domaine de l’enseignement.

16 000 postes d’enseignants n’ont pas été renouvelés en 2010, dont 14 000 postes d’enseignants stagiaires, et de 600 postes d’agents administratifs.

En 2008, 11 200 postes avaient déjà été supprimés, auxquels se sont ajoutés les 13 500 de 2009, soit au total 41 200 postes d’enseignants supprimés depuis l’accession au pouvoir de Nicolas Sarközi. lien

Parallèlement, les écoles privées se remplissent, d’autant qu’un sénateur efficace, Jean Claude Carle a fait adopter un amendement visant à alléger les suppressions de postes dans les écoles privées.

Cette opération de « vases communicants » va donc profiter à l’école privée, pour laquelle, on s’en souvient, le même sénateur a toujours été un ardent défenseur.

Quand on lui demande à quoi il attribue le succès de l’école publique, il répond : « Je crois tout simplement que les parents y trouvent un meilleur accueil, de meilleurs résultats, et une meilleure implication des familles ». lien

Et bien évidemment, seules les familles qui en ont les moyens pourront profiter des performances de ces écoles privées.

On sait depuis longtemps qu’en vidant les écoles, on remplit les prisons.

Le nombre de gardes à vue a explosé en quelques années. lien

Au rythme où çà va, un français a 7 « chances » sur 10 d’être placé un jour en garde à vue.

Or Nicolas Sarkozi a beau s’indigner que « les conditions de gardes à vue sont insatisfaisantes en terme de respect de la dignité des personnes », il est inutile de l’évoquer si on ne fait rien pour l’améliorer.

En effet, c’est bien une note provenant du Ministère de l’Intérieur adressée aux directeurs départementaux qui expliquait que désormais l’efficacité de la police serait calculée à partir du nombre de gardes à vue. (Canard Enchainé du 10 décembre 2008)

Et puis, les langues commencent à se délier dans les rangs même de la police.

La fusion de la gendarmerie et de la police en 2008 avec la promesse sarkozyste de garder à chaque corps sa spécificité commence à prendre l’eau.

D’après un commissaire divisionnaire, il s’agit surtout de faire disparaitre la gendarmerie. lien

Coté des libertés, avec la loi LOPPSI, votée le 17 décembre dernier, c’est encore tout un pan de nos libertés qui s’en va en fumée. lien

L’erreur 404 devient une banalité, les services gouvernementaux supprimant tout ce qui peut nuire au chef de l’état, et à son gouvernement.

Dans cette Loppsi, un amendement de taille semble avoir échappé à la vigilance républicaine puisque le gouvernement veut imposer des « cellules de citoyenneté et de tranquillité publique » très suspectes. lien

C’est l’occasion de rappeler la mobilisation du 15 janvier contre la LOPPSI, puisqu’elle repasse au Sénat le 18 janvier.

Lieux des manifs sur ce lien

Sur 473 tribunaux d’instance, le gouvernement a décidé la fermeture de 178 d’entre eux, et pour ceux de grande instance, il est prévu que 23 d’entre eux soient fermés, sur les 181 existants.

Résultat attendu pour les justiciables : le plaignant est obligé de parcourir des kilomètres interminables pour se défendre. lien

La ligue des droits de l’homme dénonce aussi la suppression du contrôleur général des lieux de privation de liberté,. lien

Il faut rajouter à ça la volonté du chef de l’état de supprimer les juges d’instruction.

Mais surtout, c’est maintenant l’indépendance de la justice qui est menacée comme l’a expliqué le syndicat de la magistrature lors de son 43ème congrès en 2009, (lien) même si, grâce à l’Europe, le parquet pourrait sortir de la relation incestueuse qui l’unit au pouvoir. lien

Fadela Amara vient d’être remerciée, après avoir servi de « caution sociale » au pouvoir, qui , en lui donnant la responsabilité du « plan banlieue » sans lui en donner les moyens a provoqué son échec. lien

Pour la remercier, le gouvernement vient de la nommer « inspectrice générale des affaires sociales » : elle devra donc contrôler et évaluer la mise en œuvre des politiques publiques dans le domaine social.

Personne ne songe à voir là de l’humour. lien

Le plus pitoyable, c’est que l’argent public dépensé pour la communication du « plan banlieue » aura bientôt dépassé celui engagé pour le réaliser.

Il aura couté 34 millions d’euros gaspillés en pure perte, sauf pour les boites privées, et dont seulement 1160 jeunes ont pu profiter. lien

Le « Canard Enchainé » avait révélé le 23 janvier 2008 que pas moins de 600 000 euros avaient été engagés pour le déplacement présidentiel à Vaulx-en-Velin : un Hôtel, le Palais des sports, le centre culturel « Charlie Chaplin » ayant été réquisitionnés pour l’occasion, chassant du coup étudiants et professeurs.

1500 personnes, triées sur le volet, ont été accueillies, et grassement arrosées et nourries, protégées par un important dispositif de sécurité pour éviter « tout débordement ».

En réalité, la détresse sociale s’est aggravée dans les banlieues : les jeunes dont les parents (ou grands-parents) sont d’origine maghrébine connaissent un taux de chômage bien plus important, celui-ci étant de 43% en 2010. lien

Pas étonnant que le trafic d’armes et de drogue s’intensifie, que les voitures brûlent.

On continue de mourir dans la rue, de froid, malgré la loi « DALO » :

en 2007, ils sont 200 à être morts de misère et de froid dans la rue. lien

Ils ont été 388 en 2009lien

On aura quasiment doublé en 2 ans, malgré la promesse présidentielle. l

Sur près de 50 000 demandes de logements, moins de 15 000 ont été concrétisées, sans oublier que 200 000 personnes restent sans domicile fixe. lien

Question environnement, une fois les fumées illusoires du Grenelle dissipées, une réalité plus cruelle apparait.

L’état continue de porter à bout de bras un nucléaire dangereux et dépassé, et l’EPR qui devait faire des miracles est un échec : la centrale finlandaise dont la mise en service devait se faire en 2009, est programmée maintenant à l’horizon 2013, avec un budget qui a explosé passant de 3 milliards d’euros à 4,5 millions d’euros pour l’instant, et pourrait, d’après Greenpeace, atteindre 6,7 milliards d’euros que le contribuable français va devoir payer. lien

Inutile d’évoquer le retard qu’a pris la France dans le domaine des énergies renouvelables par rapport au reste de l’Europe : on ne peut pas à la fois gaspiller des sommes énormes dans le nucléaire, et développer les énergies propres et renouvelables. lien

Pourtant 97% des français sont favorables à leur développement. lien

Que deviennent les promesses présidentielles qui annonçaient qu’en 2020, elles représenteraient 23% de nos besoins énergétiques, ce qui étaient pourtant un objectif bien timide ? lien

Que reste-t-il du Grenelle ? Des illusions perdues, et des écologistes floués. lien

Voila le tableau réaliste et cruel du désert social qui s’est installé en quelques années.

C’est l’objet du livre de Jacques Cotta qui vient de paraitre : « qui veut la peau des services publics » (éditions JC Gawsewitch). lien

Comme aime dire mon vieil ami africain :

« Les despotes sont comme les nuages, quand ils s’en vont, on peut espérer une bonne journée »

Merci à Placide d’avoir réalisé le dessin qui illustre l’article

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/l-attila-de-la-republique-87208