De nouveaux médicaments bientôt retirés du marché

Médicaments peu fiables, retirés du marché car dangereux, scandales étouffés, pressions sur ceux qui tentent de dénoncer cela, les affaires se suivent plus ou moins officiellement sans que personne ne réagisse vraiment, aucun président, aucun gouvernement, à croire que soit ils s’en fichent complètement, soit ils sont complètement corrompus, au choix. Je vous met l’article et le fait suivre par un article sur l’excellent reportage les médicamenteurs, à voir absolument si vous en avez l’occasion!!!

MISE EN GARDE - De nouveaux médicaments bientôt retirés du marché ?

Selon la revue « Prescrire », plusieurs médicaments doivent être retirés du marché © Jaubert / Sipa

Un médicament vasodilatateur, le buflomédil, doit être retiré du marché en raison d’effets indésirables cardiaques et neurologiques parfois mortels, estime la revue Prescrire. Le buflomédil est commercialisé notamment sous les noms de marque de Fonzylane (fabriqué par Cephalon) et Buflomédil EG. La revue médicale indépendante, qui décortique régulièrement les bienfaits et les méfaits des médicaments, revient à la charge, dans son numéro de janvier, en pointant de nouveau ce médicament « commercialisé depuis plus de vingt ans en France » et « sans intérêt thérapeutique démontré. »

« Il a des effets indésirables neurologiques et cardiaques, parfois mortels, en particulier en cas de doses élevées ou inadaptées à l’insuffisance rénale ». « Il faut le retirer du marché », juge Prescrire, qui a joué un rôle d’alerte sur les dangers du Mediator, des laboratoires Servier, finalement retiré du marché en novembre 2009. « Un compte rendu de la commission nationale de pharmacovigilance de l’Agence française du médicament (Afssaps) a révélé que plusieurs dizaines de cas d’effets indésirables graves avec ce médicament, dont plusieurs mortels, ont été notifiés entre 2007 et 2009 ». En 2006 déjà, ces effets indésirables, les situations à risques et l’absence de bénéfice clinique tangible du buflomédil étaient connus, poursuit la revue.

Vigilance

« Plutôt que de retirer ce médicament du marché, les autorités ont décidé de retirer uniquement le dosage fort. La consommation de ce médicament a baissé de moitié entre 2006 et 2009, mais manifestement cela n’a pas suffi à mettre les patients à l’abri ». « Combien de victimes faut-il encore aux firmes concernées ou à l’Afssaps (agence des produits de santé) pour décider de retirer ce médicament du marché ? » conclut Prescrire. Ce médicament est utilisé pour des manifestations douloureuses (« claudication intermittente ») de l’artérite au cours de la marche.

Prescrire revient aussi notamment sur un anti-inflammatoire « pas plus efficace que de nombreux autres », le nimésulide (Nexen, fabriqué par Therabel Lucien Pharma, et autres noms de marque) « encore commercialisé malgré des hépatites graves », plus de cinq cents, selon un rapport de la Commission d’autorisation de mise sur le marché européenne. Ce médicament a été retiré du marché en Finlande et en Espagne en 2002, et aussi notamment en Argentine, en Belgique, en Irlande et à Singapour.

Également dans le collimateur, la vinflunine (Javlor, fabriqué par les laboratoires Pierre Fabre), un anticancéreux utilisé dans le traitement de certains cancers avancés de la vessie qui présente « une balance bénéfices-risques défavorable » (fréquents troubles sanguins, parfois mortels, troubles intestinaux, neurologiques, ou cardiaques). Prescrire dénonce le « prix très élevé » accepté par les pouvoirs publics pour ce médicament « à éviter ».

Source: lepoint.fr via Voltigeur sur le forum

Les médicamenteurs, le documentaire à connaitre absolument! Le docu n’est plus disponible sur youtube en raison de la violation des droits d’auteurs, que voulez-vous, entre un reportage qui peut sauver des vies en éveillant les consciences et un reportage qui peut rapporter de l’argent, le choix est vite fait pour certains.  Pas grave, il n’est pas trop difficile à trouver, les bonnes infos arrivent toujours par circuler! ;)

La salle riait de bon cœur. Il y avait pourtant de quoi pleurer. Lors de leur présentation en avant-première, Les Médicamenteurs a conquis le public. Cette enquête, conduite par Brigitte Rossigneux, journaliste au Canard enchaîné, et coréalisée par Stéphane Horel et Annick Redolfi, dévoile les secrets de l’industrie pharmaceutique en suivant les pérégrinations des médicaments, depuis leur conception jusqu’à leur exploitation commerciale. Ses interviews incisives, son ton décapant et son invention visuelle (avec le recours à l’animation d’objets) en font une arme de dénonciation massive, une œuvre de salubrité publique. Petit avant-goût.

Pour les multinationales du médicament, le marketing et les parts de marché ont bien plus d’importance que la santé des patients. On s’en doutait un peu, mais ce film démonte parfaitement les rouages de la manipulation. Tout le monde en prend pour son grade : les labos, bien sûr, mais aussi les politiques qui les choient (Roselyne Bachelot, Nicolas Sarkozy), les autorités de régulation qui les adoubent, les médecins qui leur font une confiance aveugle (ou intéressée). Les conséquences sont catastrophiques, tant au niveau économique (le trou de la Sécu) qu’au niveau de la santé publique (les victimes de la surmédication se comptent par milliers).

Saluons le courage et la perspicacité de France 5, qui a participé à la naissance de ce film. Cependant, livré depuis un bon moment, il attend toujours une date de diffusion. Le temps de peaufiner quelques détails et de prendre toutes les précautions juridiques, explique la chaîne. Devant la sévérité de la charge, on comprend qu’elle veuille assurer ses arrières. Mais on lui fait confiance pour mettre en valeur Les Médicamenteurs d’ici peu de temps. Nous ne manquerons pas alors de vous faire une piqûre de rappel pour vous prévenir de la programmation de ce film qui devrait être remboursé par la Sécurité sociale – elle y gagnerait.

Samuel Gontier