Aux USA, les exécutions capitales se font à l'anesthésiant pour animaux

Certains états américains avaient cessé les exécutions capitales suite à une rupture de stock du produit généralement utilisé pour les injections. Nous en avions déjà parlé sur le forum il y a de cela plusieurs mois, cela faisait partie des signes de crise majeure aux USA. Ils peuvent reprendre les mises à mort en utilisant maintenant un produit anesthésiant pour les chevaux. Merci à Voltigeur pour l’information

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Les Etats-Unis ont exécuté jeudi soir un homme de 58 ans en utilisant pour la première fois un anesthésiant employé pour euthanasier les animaux en raison d’une rupture de stock nationale du produit habituel.

Le décès de John Duty, condamné à mort en 2002 dans l’Oklahoma pour le meurtre l’année précédente de son compagnon de cellule, a été prononcé à 18H18 locales (OOH18 GMT), soit seulement six minutes après le début de l’injection, a assuré à l’AFP Jerry Massie, porte-parole de l’administration pénitentiaire de cet Etat du sud des Etats-Unis.


L’injection mortelle qu’il a reçu comprenait « pour la première fois dans le pays », selon le Centre d’information sur la peine de mort (DPIC), du pentobarbital, un puissant anesthésiant vétérinaire.

L’Oklahoma, comme plusieurs autres Etats américains, n’a plus de thiopental, l’anesthésiant validé par la Cour suprême, en raison d’une rupture de stock chez Hospira, le seul laboratoire qui le fabrique sur le sol américain.

La production doit reprendre au premier trimestre 2011 mais, en attendant, les Etats ont rivalisé d’ingéniosité pour pouvoir poursuivre les exécutions.

Le 14 octobre l’Oklahoma avait exécuté un condamné grâce à une dose de thiopental empruntée à l’Etat voisin de l’Arkansas (sud). L’Arizona (sud-ouest) est allé se fournir en Grande-Bretagne pour exécuter un condamné le 27 octobre.

Le Kentucky (centre-est) et la Californie (ouest) ont en revanche reporté plusieurs exécutions à 2011.

Craignant que leur client soit réduit à l’état de « cobaye » pour cette exécution inédite, les avocats de John Duty ont tenté jusqu’au dernier moment d’obtenir de la justice qu’elle suspende son exécution.

« En l’absence d’expertise, d’essai clinique et d’études scientifiques capables de donner une idée des effets du produit, M. Duty deviendrait le sujet humain de l’expérimentation d’une méthode d’exécution jamais testée auparavant », écrivaient-ils dans leur requête.

Mais l’utilisation de ce produit a reçu mardi le feu vert d’une cour d’appel fédérale pour qui « la quantité prévue de pentobarbital est suffisante pour plonger le condamné dans l’inconscience et serait même probablement mortelle dans la plupart des cas, voire tous ».

Le premier produit injecté est crucial, rappellent les anti-peine de mort car il endort le condamné et permet qu’il ne ressente pas les effets, très douloureux, des deux produits suivants, qui paralysent les muscles et arrêtent le coeur.

Dans le cas de John Duty, l’exécution s’est déroulée comme prévu, a indiqué Jerry Massie de l’administration pénitentiaire de l’Oklahoma.

Cette première expérience pourrait donner des idées aux autres Etats américains en rupture de thiopental.

Lorsqu’il a étranglé son compagnon de cellule, Curtis Wise, 22 ans, John Duty purgeait trois peines de prison à vie consécutives pour viol, braquage, et fusillade avec intention de tuer en 1978. L’homme a avoué avoir convaincu son compagnon qu’il souhaitait être placé à l’isolement et a obtenu de lui qu’il se laisse ligoter pour faire croire à une prise d’otage.

Selon la presse locale, il a ensuite écrit une lettre à la mère de sa jeune victime, racontant les faits avec des détails cruels.

Lors de son procès, il a plaidé coupable et refusé que son avocat présente des éléments de circonstances atténuantes. Il a demandé au jury de le condamner à mort.

John Duty est le 46e et dernier condamné à mort exécuté aux Etats-Unis en 2010.

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